LE PROBLtME DE LA SANT~ varie. Bien plus, dans la même profession, des ouvriers gagnent de fortes journées t~ndis que d'autres ne touchent qu'une rétribution minime. Qu'est-ce que cela prouve? Tout simplement que les plus favorises méneront une existence plus facile et pourront élever une progéniture plus nombreuse, alors que les moins farnrisés, fauchés de bonne heure, laisseront une postérité chétive ... s'ils en laissent une. Les frais d'entretien de la classe ouvriére semblent s'ékver. - ' Pourquoi? - « Les progrés de bien-être produits par l'effet nécessaire de la ciYilisation créent des besoins nouveaux, répond Guesde. Nous portons des habits, et les premiers hommes étaient nus. Il y a des objets que nous considérons aujourd'hui comme de premiére nécessité et qui, il y a quelques siècles, étaient des objets de luxe. A ce point de vue, et à ce point de·vue seulemeht, on peut dire que le bien-être des ouvriers - comme celui de tous les autres, moins que celui de tous les autres, - a augmenté avec les siècles, c'est-à-dir~ que le minimum nécessaire à leur subsistance est, par suite de nouvelles circonstances et de nouveaux besoins, devenu peut-être un peu plus fort. Quand on étudie la situation d'une classe d'hommes, il est fort indifférent de savoir si elle est plus ou moins heureuse que la même clàsse dans les siécles lointains. Il faut comparer ces hommes à leurs contemporains, examiner leur sort en face de celui des autres hommes du même temps et du même lieu. Et, sur ce point, la réponse est toujours la même : le taux des salaires est limité à la somme nécessaire à la subsistance et à la reproduction du salarié. >> Ainsi donc, du témoignage de tous les économistes - bourgeois ou socialistes - il n'y a pas d'émancipation sociale possible pour la classe ouvrière en dehors de la destruction du régime capitaliste. * * * Depuis un siècle, la machine a décuplé la productivité du travail au profit exclusif de la classe bourgeoise. Les inventions ont succédé aux inventions, les découvertes aux découvertes. L'ouvrier est resté la proie du paupérisme. Nous n'exagérons pas, au contraire. En effet, partout le prix des denrées alimentaires, du logement, etc., s'est élevé plus rapidement que le taux des salaires. Partout la vie est devenue plus pénible pour les créateurs de la fortune publique. Partout les foyers ouvriers ont éte envahis par la plus noire misère. Ces faits sont indéniables. Ils sont attestés par une diminution de la taille ouvrière et par une augmentation des maladies causées par le 45
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