La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIV- vol 02

652 LA REVUE SOCIALISTE but, b socialisation des instruments <l'échange et de production; comme 111oye//S, l'action politique et l'action syndicale, ces deux bras de l'action socialiste. Ces limites fixt'.:cs- et nul n'a qualitt'.:pour abolir les rt'.:solutions d'un parti statuant sur lui-même en pleine liberté - je voudrais qu'on fùt pour le reste aussi large, aussi conciliant que possible. En matiére de thcorics, ne pourrait-il être une fois pour toutes bien entendu que l'on peutarrivcr au socialisme par plusieurs voies: par l'idl'.:cde justice comme par l'ctude scientifique des faits t'.:conomiques, par le sentiment passionnt'.: de la solidaritt'.: humaine comme par la nécessite d'adapter l't'.:tatsocial aux modifications industrielles? Pourquoi fermer l'un ou l'autre de ces chemins qui rt'.:pondent à la divcrsitt'.:des caractércs individuels et nationaux? En matiérc de tactiqu ..,. plusieurs moyens se disputent les prt'.:fcrences; les uns :liment mieux l'action politique, les autres l'action corporatiYC; ceux-ci travaillent à modifier pour le bien commun les lois actuelles; ceux-là comptent sur un soulèvement révolutionnaire. Il en est qui mettent leur confiance dans la grC::vep, artielle ou générale. Estil besoin qu'on s'entre-dévore, parce que l'on croit chacun aYoir raison sur un point que l'a\·enir seul peut décider : le plus ou moins <l'a\·antagcs de tel ou tel proccdt'.:?Qui est assez hardi pour garantir que des événements imprt'.:vusn'aboutiront pas à une brusque ré,·olution? Qui peut savoir si cette réYolution même ne dcwa pas la victoire aux réformes qui l'auront préparée? ou encore si une grévc colossale n'est pas la forme que prendra la lutte cxaspcrée du capital et du travail? Il serait sage de ne proscrire aucun de ces moyens qui peuvent toi:s aYoir leur utilitc suivant les cas. Il serait sage, tout en s'attachant :'t celui qu'on estime le meilleur, de ne pas condamner et repousser ceux qui pem·ent en préférer un autre. En maticre d'organisation, ne pourrait-on constituer, non point en opposition, mais en rapport étroit les uns avec les autres, des groupes syndicaux et des groupes politiques, ayant leur tàchc distincte et solidaire? Ne pourrait-on trouver surtout, dans chacune de ces deux catégories, un mode d'union assez solide et assez souple pour assurer en même temps la convergence d'efforts indispensable ù l'action commune et la liberté de mouvement nécessaire à la ,·ic de chaque groupe? Le système fédératif qui, en Suisse, aux États-Unis, fait vivre ensemble des peuples si differents de race, de langue et de religion, me paraît être le plus propre à opérer cette harmonisation de goûts et de tempt'.:ramentsdivers. Il permet de déterminer avec précision les points oü chacun doit se soumettre à la Yolonté générale correctement constatée et ceux où chacun se résen·e d'agir suivant ses prédilections personnelles. Il est le régime de l'avenir, celui que réalisera sans doute la

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