La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIV- vol 02

LA REVUE SOCIALISTE Cette ainublc appréciation est, ce me semble, assez claire : clic englobe tous les socialistes d:rns la même réprobation. D'.wtrcs anarchistes se sont efforcés, au contraire, de se cramponner à ccp:11ti socialiste si bien traité parleurs amis. Cc sont, en quelque sorte, des anarchistes parlementaires. Le fait est qu'au Congres, dans cette cspece de grand Parlement ouvrier, ceux qui représentaient cette manierc de \'Oir ont -malgré le mot fameux d'Élisée Reclus:« Voter, c'est s'a\'ilir » - vote'.:a\'CC entrain, énergie et pcrshérance. Se produit-il parmi ceux qui s'intitulent anarchistes-socialistes une éYolution qui les détache des thcorics outranciércs de leurs camarades? On pourrait le croire. Il parait que, ces. temps derniers, deux anarchistes italiens bien connus, les compagnons i\Ialatcsta et i\lcrlino ont eu le courage (dont je les félicite grandement) de se prononcer contre l'attentat indi,·i<lucl façon RaYachol et Caserio. Que ces schismatiques de l'anarchie forment d'abord, s'ils le peuvent, un groupe sérieux et solide, nettement déterminé, sachant et disant clairement cc qu'il ,·eut; le parti socialiste pourra YOir ensuite quelle conduite conYient à leur cganl. i\Iais, tant guc le gros des chefs et des soldats de l'anarchie se complaira, non seulement à répudier pour lui-même, mais à condamner chez les autres toute action politique; tant qu'il continuera d'injurier à jet continu les élus socialistes coupables uniquement d'être des élus, d'attaquer toutes « les écoles socialistes sans distinction de nuance» (1); un rapprochement ne peut être qu'illusoirc et la sc'.:paration existante demeure la solution la plus franche et la plus sage (2). Aux partis bourgeois, c'est-à-dire ù tous ceux qui \'Culent conserver tcl:c quelle la constitution c'.:conomiquc de la Socicté ou qui entendent n'y changer que des détails en laissant intacts les pri\'ilèges et les abus inhérents à la possession individuelle des grands moyens de production et d'cchange, le parti socialiste a dit ou rc'.:pétcaycc la même franchise : « 'ons ne pou\'ons nous mêler, nous confondre aYec Y0Us. Nous poursui\'Ons la transformation fondamentale de la société guc \'OUS croyez sau,·er par des replâtrages. Nous a,·ons des principes essentiels qui ne sont pas les \'Ôtrcs. Nous aurons donc notre Yic à part, notre dt'.:vcloppemrnt distinct. « i\Iais, en dépit ou plutôt à cause même de cette séparation (car on ne peut l.'allicr que si l'on est séparé), <les ententes partielles, des alliances proYisoires et conditionnelles sont possibles entre nous et, sinon vous tous, du moins les plus aYancc'.:sd'entre Yons. Il nous reste (1) Je.Ill Gr.1,·<:, La s,,ciétéf11!11rc, p. 203. (2) \' oir 111.1 brochure : Socialis111lcibertaire cl a11arcbic.

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