La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIV- vol 02

REVUE DES LIVRES à la légère et dont beaucoup s'évanouiraient sans doute, si l'on essayait d'en préciser les termes. Nous ne sommes pas en mesure de contrôler l'érudition biologique de M. \Vcirms; mais, si elle est comme son érudition historique, elle n'est guère réfléchie. Est-ce à dire que nous rejetions ce qu'on apppellc la méthode biologique en sociolôgic? Bien loin de là; le problème des rapports entre l'organisme individuel et cc qu'on peut véritablement appeler l'organisme social est un problème qui se pose. Mais il semble vraiment aussi - et le livre de M. \Vorms ne nous fera pas changer d'avis - qu'il est prématuré d'en chercher dés à présent une solution précise. Mieux vaut, croyons-nous, se lancer bravement dans le domaine immense de ce que M. Worms appelle la « Sociologie positive » et laisser là pour un temps toutes les « Métaphysiques de la Sociologie » et tous les essais de « Sociologie générale». Voilà assez longtemps qu'on discute sur la méthode et sur la place de la Sociologie : il est temps de travailler la matière sociologique elle-même. A l'épreuve, on jugera les méthodes, et quand la science commencera d'être faite, on verra bien 1a place qu'elle tiendra. Des discussions telles que celle qui s'est élevée entre MM. Andler, Bouglé et Durkheim n'ont sans doute pas été stériles; mais dies le deviendraient en se prolongeant. La véritable ,·oie de la sociologie, à notre avis, n'est pas celle où se sont engagés jusqu'ici M. Izoulct et M. \\"orms, mais plutôt celle qu'ont ouverte MM. Durkheim, Tarde, Letourneau, Lacombe, etc ... M. \\'orms, à la fin de son volume, semble annoncer son intention de se tourner de ce côté : s'il sait mettre plus de scrupule dans ses assertions et dans ses rapprochements, plus de rigueur dans ses raisonnements et dans ses discussions, et dans ses conclusions un peu plus de décision et de personnalité, il n'aura pas de peine à nous donner un livre plus acl1c,·é, plus définitif si l'on peut dire - de plus de tenue et de plus de ,·alcur scientifique - que son dernier ouvrage. UN ÉTUDIANT. * * * L'Épopée humaine. Philippe le Bel, par J. SrnADA. - Paris, Paul Ollendorf, 1896. Georges Renard, notre directeur, parlait récemment, dans la Petite République, de la méthode de J. Strada, et la Revue Socialiste a déjà donné une étude d'ensemble sur le même écrivain. Son œuvre est considérable. Ses ouvrages de science, de science sociale et d'histoire sont bien connus du public savant. Il est remarquable que M. Félix Ravaisson, dans son rapport sur la philosophie au dix-neuvième siècle, ait consacré à I' Ulti11111O11r1gau11111 autant de pages, et des pages plus fortes, qu'il n'en distribue aux pl-us illustres tenants de l'école de Victor Cousin. Cela fait honneur à la fois aux deux philosophes. J. Strada, •dans l' Ultimum Orgauu111, soumettait à sa virulente critique l'exégèse romantique de nos prétendus penseurs. Ses attaques, toujours courtoises, eurent un grand écho.

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