La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIV- vol 02

LA REVUE SOCIALISTE Mais qu'il y aurait à dire sur l'assimilation dangereuse de la société à un organisme animal! R.F. * * * RENE "\\'0R~1s. - Organisme e~ Société. - Giard et Brière, 1896, 400 pages in-8°. (Bibliothèque sociologique internationale.) Les mêmes qualités distinguent l'autre ouvrage que M. Worms, qui public beaucoup, nous a donné cette année. non plus une brochure cette fois, mais un gros livre et sur un grand sujet : Orga11is11e1te Sociéti!. C'est le même style clair, égal, facile, sans grand éclat d'ailleurs et sans grande force; c'est la même santé d'esprit capable d'aborder tous les problèmes, de concilier toutes les théories, de résoudre toutes les difficultés. En 400 pages vous avez : une théorie générale des rapports de l'organisme et de la société; une anatomie des sociétés; une physiologie des sociétés; une étude sur l'origine, le dé\·eloppement et la classification des sociétés; une pathologie sociale, une thérapeutique et une hygiène sociales. Sur ces di\·ers points, les théories des précurseurs de M. \Vorms sont exposées en quelques lignes rapides et substantielles; en quelques lignes, jugées, critiquées e~ classées; on jette le mauvais, on garde le bon, et, par un dosage savant, on obtient un consommé facile ù prendre et très agréable au goût. Notez que M. \Vorms (quand il ne pousse pas le détail de ses comparaisons jusqu'à la plaisanterie) a presque toujours raison: Mais si bourgeoisement, si platement! Je ne sais plus quel personnage disait au sortir d'une distribution des prix nlonthyon : « C'est à vous donner l'enYie d'assassiner! » Le livre de M. \\·orms, c'est à vous donner pour votre vie la passion du paradoxe aventureux, mais brillant, mais hardi; la folie des systèmes étroits, exclusifs, mais originaux, profonds, qui font penser ou rêver. Certes, la synthèse profonde des idées est l'ambition suprême et comme désespérée des penseurs : mais la conciliation superficielle des opinions est l'amusement des esprits ordimircs. Quand on a lu la Divisio11du Travail Social de M. Durkheim, on le trom·e exclusif dans ses observations, discutable dans ses conclusions; mais on a l'idée scientifique d'un phénomène social, une vue originale sur l'évolution des sociétés. Quand on a lu les Lois de I' l111itatio11 ou la Logiq11l'Sociale de M. T,1rdc, on regrette qu'il écri\·e une langue si lourde, si compliquée et quelquefois si impropre, on se défie ·souvent de son ingéniosité et de son érudition; mais un phénomène social a été méthodiquement analysé sous ses principaux aspects et certains faits de l'histoire ont été éclairés d'une lumière. nou\·elle. Qtiand on a lu le livre deIM. \Vonns, - mettons à part quelques pages intéressantes sur les divers modes de division dans l'organisme et dans les sociétés - et quelques obse,·vations personnelles, clairsemées, - que reste-t-il qui ne soit déjà ailleurs? L'idée que la Société est un hyperorganisme? cette idée n'est plus neuve et l'on peut dire que M. \Vorms n'apporte rien ou presque rien pour la préciser. Des rapprochements particuliers? mais indiqués •

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==