La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIV- vol 02

622 LA REVUE SOCIALISTE Pourtant ks promoteurs du Congrès de Berlin avaient 3agement écarté b politique de leur programme. Ils a,·aient de la sorte évité des risques qui ne sont pas, en Allemagne, purement nominaux. i\lalgré cette exclusion, le champ des sujets traités reste vaste: les progn:s du mouvement f.'.:ministe dans les différents pays, l'éducation, l'organisation des ounières, la question des nourrices, de l'hygiène, les professions de femme, la paix internationale, la place des femmes dans le monde de la littérature et de l'art. C..:tte réunion de femmes de tous pays et un peu de toutes conditions est un spectade curieux. Le cœur des femmes ,·enant de pays où la femme e~t infériorisée s'é,·eille au contact de sœurs mieux partagées. Il n'y a guère de pays civilisé où le mou,·ement féministe ne s'accentue plus ou moins. Ces Congrès périodiques ne pem·ent manquer de donner aux efforts individuels une forte unité. Un vaste courant s'établit. i\aturellement les re,·endications varient suivant les pays. En France il s'agit surtout dC?sdroits civils, le Code Napoléon pesant lourdement sur la femme. En Allemagne le Code civil éveille aussi l'attention; mais l'effort se concenm.: sur les matières d'éducation. Sous ce dernier rapport, la femme française est en effet mieux partagée. Elle a accès à l'instruction secondaire et à l'instruction supérieure. Lr, médecine et le droit lui sont ouverts. Il n'en est pas de même en Allemagne et en Autriche . .\ussi une des plus intéressantes sessions du Congrès a-t-elle été consacrée il la discussion d'un projet de « trade-union » féministe, sur le patron des « trade-unions» anglaises. :Nul doute que si les femmes de tous les pays d'Europe font cause commune et marchent en bataillons serrés elles ne remportent pleine victoire. Elles reviendront de cette campagne les mains pleines. C'est une simple question de temps. L'nli111e11tnlio0111vriere. - Les stat1st1ques publiées dans ces derniers temps sont presque unanimes a constater que, depuis quelques années, la classe ouvriére a cté amcncc a réduire d'une manière appréciable la consommation des aliments essentiels pour son existence. Le docteur Herschberg, de Berlin, apporte dans le dernier volume de Stalistiscbe11Jnbrbiicb deutscber Stndte, une nouvelle série de faits Yenant établir cette situation déplorable. li compare, pour neuf grandes villes allemandes, la variation de la consommation n.':clle de Yiande par indiYidu, pendant la période qui se parc r 888 de 1892. C'est,\ Chemnitz que cette statistique enregistre la consommation la plus élcYéc; clic y etait Je 106.6 kilogrammes par tête en 1888 et ne s'élc\·ait plus qu'a 99.1 kilogrammes en 1892. Après Chemnitz Yient Munich, mais aYec une régression de l'alimentation bien plus considéra-bic, un recul de 99 kilogrammes a 78. 1. \'icnnent ensuite Berlin, ou la consommation est tombcc de

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