MOUVEMENT SOCIAL 621 posait de mettre en Yaleur les sources thermales, trés abondantes dans la localité. L'entreprise prospéra, les baigneurs arrjvèrent, par centaines d'abord, puis pai; milliers, et aujourd'hui, bon an, mal an, cinq mille yoyageurs - la fine fleur de l'arist0cratie austro-hongroise - viennent passer quelques jours à Schmechs. Ce coin de terre a acquis une ,·aleur très considérable, et chaque :rnnée, dans la forêt de sapins qui couvre tout le ·Yersant de la montagne, la société exploitante fait construire de nouvelles villas. La redevance, étant fixée par le bail emphytéotique une fois pour toutes, est absolument dérisoire. Seulement, aux termes du contrat, le domaine tout entier, avec les améliorations qui y ont été faites, appartiendrait, quitte et libre de toutes charges, à la commune de Schmechs, en 1909. Il va sans dire que si celle-ci renom·elle le bail, ce ne sera plus aux anciennes conditions. Voilà donc une pauvre communauté de paysans, d'anciens serfs, qui est propriétaire de la plus aristocratique station de bains des Tatra. Je ne saurais vous dire le charme de ce Curhaus, niché dans ces admirables montagnes et qui présente cette hc:ureuse particularité de ne pas ressembler aux hôtels-casernes, dont h hideuse façade déshonore les plus beaux ~ites de !'Oberland ou de l'Engadi11e. Au lieu de réunir tous les voyageurs en un seul caravansérail, b société de Schmechs a disséminé dans la forét de ra,·issantes villas contenant chacune un petit nombre de chambres, ct où le touriste de passage a l'illusion de se trouver nt ho11ll'. Il n'y a d'autre centre de réunion que le K11rsanl, où les gens s'assemblent pour dîncr, à moins qu'ils ne préfèrent être servis il domicile, moyennant une surtaxe de 10°/o. Bref, une sorte de phalanstére, qui fait songer un peu à cc que ser:iit la vie dans ui1e commun:iuté_ idéale, où chacun pourrait s'arranger un coin à sa guise, ou plutôt le fairf arranger, p:ir une administration bienfais:inte, qui interviendrait, non pour lui imposer une règle de vie, mais pour lui fa:iliter la satisfaction de ses besoins, ,·oire de ses fa11taisies. Une vie plus libre que partout :iilleurs, avec tous les avantages de la coopération et de la propriété collective - une Thélème de privilégiés, qui fait rêver à ce que seront, peuH'.:tre, un jour, les villages de repos dans une société où tout le monde tra,·aillcra, mais où tout le monde aussi connaîtra les vacances. ALLEMAGNE Le Congrès Je111i11islienlemalio11al. D'apres le 1Ua11chesler G11ardia11: Le Congrès féministe international de Berlin, récemment clos, offre un contraste frappant avec le dernier Congrès de Paris. Il a été bien compris et pratique. Il a dù passer par des mesures humiliantes : la surveillance de la police. Les dames anglaises qui organisent un Con grés à Manchester pour le mois pro-· chain, seront, en ce sens, plus heureuses que leurs sœurs d'Allemagne.
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