LA REVUESOCIALISTE * * * La mort <le\Villiam Morris, - que, de Londres, Georges Renard signalait ici-même le mois dernier, - .a suscité dans les revues un certain nombre d'articles. Dans !'ART ET LA VIE (n° d'octobre), M. Gabriel Trarieux salue en ces termes l'ill ustrc poète, le grand ami des faibles : « Il n'a pas été, scion son expression, le pauvre chanteur d'une journée vi.de. » Pour lui, comme pour Émerson, la vie de chaque jour fut sans cesse une expérience émouvante, pleine de grandeur et de nouYcauté surtout; il eut l'intuition de l'unité indissoluble qui subsiste sous les formes multiples de l'éternel effort humain : artistique, industriel, social. Il Yit ou sentit, en ces formes, comme la réfraction d'une lumière une et divine a travers le prisme du monde. Scion ses forces et les circonstances, il a essayé pour son compte de réaliser cette unité. Il nous donne par cela seul un exemple et une leçon. Il nous laisse cette pensée féconde que la beauté ne jaillit point une fois pour toutes, ainsi que l'ont cru les Hellènes, des flots nuageux du Ciel, mais qu'elle doit en surgir toujours neuve, aujourd'hui comme hier et demain, par le geste et la voix du poète, - déesse renaissante a jamais! ,, La REYUEBLANCHE(n° du 15 octobre) nous donne sur le même sujet un court article de lord Alfred Douglas, où il est indiqué comment Morris vint au socialisme par amour du beau et du simple, par horreur de la laide société qui l'entourait. On se souvient peut-être que cette idée fut amplement développée dans le n° du 1er janvier 1896 de la même revue par Albert Métin en une étude sur Ruskin et Morris, étude qu'il convient de rappeler aujourd'hui; car elle est un précieux document par sa précision, la netteté de ses exposés, le choix significatif de ses citations. On pourra aussi consulter avec fruit un liYre de souvenirs de M. Gabriel J\lourey, Passé le Detroit, où l'on trouvera des notes caractéristiques sur les ateliers de Merton Abbey, sur la vie quotidienne de cet apotrc du beau et du juste que fut William Morris. * * * Le départ des recrues exalte le patriotisme des chroniqueurs, les brumes de novembre échauffent leurs ardeurs guerrières, il n'est question que des jeunes soldats et des bienfaits de la caserne. Les « dispensés», les hommes desquels la loi n'exige qu'une année de serYicc
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