REVUEDES REVUES en raison des études qu'ils ont entreprises, préoccupent surtout les esprits soucieux de « sauver » la société en fortifiant son plus precieux soutien : l'armée. La QurNZAINE(n° du 1er septembre) publie d'un officier anonyme une étude sur le rôle possible des dispensés à la caserne, quelques pages brèves et fermes qui développent ce thcme : Le dispensé tient <le l'officier par son éducation et du soldat par son état. Il doit être le trait d'union entre ses camarades et ses supérieurs.« Plus que d'autres, il e5t à même d'apprécier les officiers. Il sait qu'ils ne sont pas occupes qu'à la caserne ... Il peut montrer à ceux qui l'entourent les différences qui séparent le chef actuel de l'ancien grognard ... En retraçant le progrès réalisé, le dispensé effacera l'impression fâcheuse que certains livres continuent à produire. » Pour faire ainsi du dispensé un prêcheur, encore faudrait-il son assentiment; il devrait réaliser exactement le type idéal de cc J erôme Bourgeois, « jeunL soldat dispensé article 2 3, » de qui M. Georges de Lys imagine un journal qu'il public dans la REVUEBLEUE. Rien de plus réconfortant que ces notes imaginaires d'un héros de fantaisie. Rien n'y manque: ni les conversations édifiantes, ni le discours du colonel devant le drapeau, ni les descriptions de manœuvres, ni les exclamations frénétiques : « Patrie, divin culte! Année, noble école d'abnégation et de grandeur! » Le malheur, c'est que l'auteur soit, lui aussi, un officier. Il n'a publié qu'un recueil de petites conférences, destinées à ses élcvcs caporaux. Comme son confrère de la QUINZAINE,il ne néglige que la réalité, l'état d'esprit même de ceux dont il s'occupe. Le dispensé, en effet, « est plus que d'autres à même d'apprécier l'officier », il connaît les tristesses de cette existence d'oisivetc entre le café et la pension, les misércs de cettt vie d'apparat oü les galons d'or cachent parfois les dettes, il peut juger de l'intelligence de ceux auxquels il doit obéir passivement, et, s'il en rit souvent, c'est pour ne pas s'en irriter. Le dispensé, mieux que ses camarades peut-être, sent la sottise, la servile brutalité, la passion autoritaire des vieux sous-officiers rengagés, futurs gendarmes ou gardiens de prisons. On lui demande d'être le « trait d'union » entre l'officier et le soldat. Devrait-il même être question de rechercher un lien artificiel entre ouvriers de la même besogne? Par sa nature, l'éducation de son esprit, le dispensé est plutôt un ferment d'indiscipline. Plutôt que d'en attendre du secours et plus même que « l'impression fâcheuse de certains livres », les officiers devraient redouter son influence. Il est un germe de révolte. Le mouvement des idées s'accentue. Les étudiants, de jour en jour,
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