La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIV- vol 02

586 LA RE\'UE SOCIALISTE ment ré1·olutionnain.::,c'est-à-dire l'action ,lUX figures multiples, qui, répondant à tout-:s circonstances, est, par un rapport e:rnct avec elles, la plus effi-:ace. L'action politique est pour elle non l'action électorale ou l'action révolutionnaire, mais l'une et l'autre, mais l'intégralité des moyens de réalisation de ses revendications et de la H.érnlution . . \imi, sortant de la période d-: formation, ayant constitué ses organes en organismesdi~tincts d'action économique et d'action politique, la classe ouniére ser.1 organisée, prête pour la lutte et par là certaine de la victoire. Dans les syndicats entreront les corporations ralliées par la propagande. Dans les groupes, dans le parti se réuniront tous les militants du prolétariat, du socialisme et de la révolution. Et alors, exercées par les mêmes agents, les actions distinctes économique et politique s'effectueront avec autant de précision que d'énergie, précipitant les hénements vers l'issue commune et libératrice de la destruction du régime capitaliste et réactionnaire et de l'émancipation du prolétariat. Ainsi surtout l'entente et l'action internationalistes seront prêtes et l'effet certain. C'est à cette œuvre féconde de dégagement du passé inorganisé et confus, vers l'avenir organisé, que travaillent toutes les forces intimes et vitales de la classe ouHiére et du socialisme. Dans cc bouillonnement générateur d'une vie plus intense et mieux ordonnée, d'un organisme supérieur ayant les organes de ses fonctions et les pou\·ant indéfiniment perfectionner avec elles, se manifestent encore des -:onflits ; on y voit s'é,·anouir les formes ambitieuses d'individus bientôt superflus; et l'union socialiste, plus ou moins équilibrée, prélude à l'unification, à l'unité du parti résultant de sa prochaine et supérieure organisation ... EDOUARD Y AILLANT. l\lillcrand, de son côté, precise et complete l'idée d'organisation politique. Il écrit : ... Qui repousse la centralisation peut accepter la fédération. Et ne seraitce point faire un pas vers la solution du problème qui se dresse, qu'on le veuille ou non, devant notre parti; ne serait-ce point prendre une utile précaution contre des conflits périlleux, sans aliéner l'autonomie d'aucun groupe, que de constituer un comité central, formé de représentants de toutes les fractions et chargé, en tranchant souverainement toutes les questions délicates de discipline ou de tactique, de prévenir des divisions redoutables? Je pose la question. Au parti socialiste de la résoudre. Mais il encourrait une lourde responsablité, s'il se refusait, par timidité ou par scrupule, à la regarder en face et à lui donner une réponse. A. MILLERAND.

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