L'ORGANISATION DU SOCIALISME EN FRANCE la gangue, de la confusion élémentaire précédente, par la constitution unitaire simultanée d'une organisation corporative ou syndicale de tout le prolétariat, pour la lutte économique. C'est de la confusion des éléments d'un organisme qui n'a pu encore créer les organes adéqu:ns de ses fonctions distinctes, que viennent tant de malentendus et de conflits, tels qt1e ceux de Londres, qui n'ont résulté que du mélange, de la superposition des deux Congrès syndical et socialiste en un seul, et pai- cette raison, quelque peu confus et contradictoire d'apparence, sinon de fait. Au cours de cette crise de croissance, il n'est pas étonnant que ceux qui n'en voient pas la direction et le but se querellent avec des noms et des formules qui ne représentent plus que des défroques passées ou présentes, qui seront bientôt rejetées par une vie nouvelle et plus puissante. C'est ainsi que nous voyons opposer par des retardataires l'action économique à l'action politique, louer l'une et condamner l'autre et réciproquement, ou les mêler à doses plus ou moins maladroitement combinées et charger indistinctement syndicats et groupes d'un même parti de les accomplir. li est cependant déjà évident (et les pays qui comme l'Allemagne ont une élaboration or 6 anisatrice plus avancée nous l'ont montré), il est évident que la classe ouvrière doit livrer combat, pour sa délivrance, à la classe capitaliste et à la réaction, partout où elle en est attaquée et opprimée, partout où elle la pe~tt rencontrer et assaillir, et qu'il est aussi inepte de renoncer à la lutte politique pour la lutte économique que de faire le contraire; cc qu'il lui faut, c'est lutter à la fois économiquement et politiquement de toutes ses forces unies, de toute son énergie, employées pour obteni~ intégralement l'effet de ces forces . et de cette énergie organisées à cet effet. Tout d'abord, au lendemain d'une révolution comme celle de la Commune, vaincue, la classe ouvrière militante, fait ce qu'elle peut et se terre dans ses syndicats, parce qu'on l'y laisse vivre. Mais elle ne peut, elle n'y doit pas rester. Elle ne doit pas surtout en donnant à ses syndicats un role politique empêcher l'accès de ceux qui n'ont pas les idées des initiateurs ou dirigeants, émiettant, tronquant ainsi, empê..:l1ant le développement de l'organisme économique à créer, du syndicat qui n'est ce qu'il doit être qu'à la condition de pouvoir comprendre et de comprendre toute la corporation du métier localement syndiquée, puis régionalement et nationalement fédérée, et ayant ses centres et foyers dans les bourses fédérées du travail, organes centraux des unions de métier et du prolétariat national organisé, fonné en une organisation économique distincte pour la lutte· économique et à l'abri de toute ingérence per- •turbatrice de politiciens. Elle doit, en même temps qu'elle constitue ainsi son organisme économique, constituer son organisme politique, par la formation organisée de tous ses milita_nts en un parti d'action politique socialiste. Ce sera toujours, dans un cas comme dans l'autre, la classe ouvrière livrant par ses syndicats la bataille économique, livrant par ses groupes coalisés, unis, par son parti, la bataille politique qui bien entendu ne peut se limiter à l'élection, à l'action républicaine, democratique, électorale, parlementaire, mais comprend l'action politique tout entière, donc ainsi et surtout l'action vrai-
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