La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIV- vol 02

LA QUESTION SOCIALE EN ORIENT d'hommes dans les montairnes, le pillacrc des trains des villacrcs etc _- 0 > 0 > ., pratiqués par les Atbrwase, les Dévédji, les J(utcbuh-Agba, tous des peblivan (lutteurs), sous le regard bienveillant des autorités. On se rappelle encore le trop fameux Moussabey, Kurde sanguinaire, lequel, pour avoir pillé, volé les villages arméniens, assassiné et violé les jeunes filles, avoir fait brûler vifs les enfants et leur mère, et avoir commis mille autres atrocités inouïes, .reçut des mains de son très auguste et digne maitre le padischah des distinctions honorifiques sous le nez ébahi des ambassadeurs européens qui réclamaient une punition exemplaire au nom de l'humanité!! Disons en passant que les Kurdes sont des nomades musulmans vivant en bergers, mais surtout de vol, pillage et brigandage. Ils habitent les contrées montagneuses de l'Arménie, sur les rives du Tigre et de !'Euphrate. lis sont originaires du Gotdyène près le lac Van. Ils manient les armes d'une façon extraordinaire. Cc sont ces phénoménes sociaux qui occasionnent le dépeuplement du pays. Constantinople, Salonique, Smyrne, Brousse sont s,1turés de sans-traYail. • INDUSTRIES Depuis quelques années, une espèce d'industrie moderne a fait son apparition ayec toutes ses conséquences. L'industrie minière s'exerce à Argana dans ,les très riches mines de cuivre, par les indigènes, d'après les systèmes européens. En Macédoine, ce sont les mines de chrome. Il y a plus de 12,000 ouvriers et ouvrières qui travaillent dnns ces exploitations. A part les contremaîtres et quelques centaines d'hommes pour les travaux les plus durs, le reste est composé de femmes, d'enfants et surtout de jeunes filles, qui sont d'origine bulgare, bosniaque, grecque, macédonienne, rarement turque. Le travail se fait penqant la bonne saison, c'est-à-dire cinq à six mois. Les ouvriers couchent à la belle ctoile. Les patrons les dotent de deux nattes sales par personne pour tout mobilier. Les trayaux sont très pénibles; ils consistent à casser le minerai et à le nettoyer. La journée est de 13 heures, le salaire moyen oscille entre 50 centimes et un franc par jour. Seuls les contre-maîtres touchent ce chiffre élevé. Leur nourriture est composée de pain sec (espèce de biscuit) trempé dans l'eau; le fromage, le lait, l'oignon sont de vrais régals ... Dans le vilayet d'Aïdin (Smyrne) il y a également quelques petites mines de chrome en exploitation. Il y a les charbonnages d'Erekli, mines très importantes. Les mines de borax à Brousse et de rnangancse à Salo.nique sont exploitées par des ~ociétés européennes. Nous passons

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