LA RE\.UE SOCIALISTE sous silence les autres exploitations minicrcs de peu <l'importance. Il faut remarquer qu'il est tres difficile de se rendre compte d'une façon exacte du mouvement industriel en Orient. Les statistiques manquent totalement et les patrons sont terribles de discrétion. • Dans l'industrie minoticrc il y a eu une grande révolution. Tous les petits moulins à cheval, à eau, à \'Cnt, succombent progressivement à mesure qu'apparaissent les machines à npeur. De grandes fabriques de farine (systemc à meules et à cylindres) existent au nombre de cinq à Andrinople, et de pllls de huit à Constantinople. SyYas, Brousse, Smyrne, Salonique, etc., en comptent aussi. L'outillage et les machines sont fournis par l'Angleterre, la France et l'Autriche. Toutefois cette industrie périclite, n'étant pas du tout protégée. Odessa, Trieste, inondent de leurs produits la plus grande partie de l'empire. Dans la minoterie les ouYriers sont presque exclusivement des Arméniens. D'autre part les métiers à bras ont reçu un rude assaut des grandes filatures de soieries. Abritant chacune de 300 à 500 ouwiers et ouvriercs, elles fonctionnent depuis plus de dix ans à Andrinople, et depuis bien plus longtcrn ps à Brousse. Les ii1dustrics locales disparaissent sous la concurrence mortelle de l'Autriche-Hongrie et de l'Allemagne. Il n'y a pas d'autre industrie marquante, si ce n'est les vins, à qui leur seul débouché, la France, est fermé. Ainsi donc, pour qui veut voir, les symptômes d'un mouvement prolétarien sont nettement Yisiblcs dans les centres. L'ignorance de la masse et le despotisme gom-crnemental empêchent pour le moment d'en tirer parti. Et puis la composition hétérogénc de l'élément prolétarien où la religion, la nationalité, la race jouent encore un si grand rôle, est le principal obstacle à toute organisation. D'autre part, l'existence de la petite propriété et l'absence des grandes industries modernes font que le rnouYement existant ne peut être ni socialiste, ni organisé, mais simplement révolutionnaire. D'ailleurs le peuple turc n'est-il pas aussi malheureux sinon plus que les autres peuples de l'empire? Il souffre des mêmes maux. Quoique fataliste, abruti et par l'ignoraqce et par la religion, nç murmure-t-il pas de temps à autre assez haut pour faire réfléchir même le sultan dans sa douce quiétude! Le gom·crncmcnt le sent si bien qu'il noie les plaintes des fidcles dans le sang des peuples chrétiens, tantôt Bulgares, tantôt Arméniens, en les montrant aux Turcs comme la cause de leur malheur. Il éveille ainsi, il excite leur fanatisme, que le padischab sait si bien exploiter. L'Orient posséde ainsi un état social particulier qui renferme les germes de sa désagrégation corn piète au profit des peu pics travailleurs. Cette dissolution s'impose et se fait d'elle-même journellement. L'em-
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