LA REVUE SOCIALISTE civik. On ne peut donc posséder que l'usufruit de ces biens. Cc droit peut se transmettre soit par vente ou location, soit par succession, mais dans cc cas, à défaut d'héritiers directs, la personne civile reprend tous ses droits. Elle peut, des lors, moyennant rétribution, céder l'usufruit du rnlw11f à un autre individu. Ces biens sont inaliénables. Pour les transformer en 11//llh il suffit de les remplacer par une autre propriétc de même rapport. Les valt011fs sont presque exempts de tout droit (r). Nous étudierons les résultats produits par ce systcmc cconomique en Arménie, pays qui fait tant parler de lui en cc moment. Les développements dans lesquels nous entrerons sont applicables à toùs les autres peuples qui étaient ou sont encore sous la domination turque. L'Arménie est situ cc dans l'est de l'Asie-Mineure. Elle s'étend même, sous le nom de Petite-Arménie, jusqu'au centre et au sudouest de la presqu'ile. Au nord, l'ancien royaume du Pont; à l'est, le Caucase et la Perse; au sud, la Mésopotamie; à l'ouest, la Cappadoce, etc. Telles sont ses limites. Elle forme donc le plateau de Taurus avec ses fertiles et riches vallées, au pied del' Ararat. Elle est arrosée par !'Araxe, !'Euphrate, le Tigre. Sa situation indique cc qu'elle fut toujours, porte d'entrée de toutes les invasions asiatiques en Europe. L:i derniérc est celle des Turcs, qui dure encore. L'Arménie est peuplée d'Arméniens, de Turcs, de Kurdes, de Laz, de Tcherkesses, etc., ayant langues, religions, coutumes trcs distinctes. Leur nombre respectif est inconnu, le total peut s'élever de ..J. à 5 millions. Au point de Yue économique, c'est la culture et l'élenge des bestiaux quî dominent. L'industrie locale, autrefois tres fl.oriss;nte, disparait complctement, sauf dans la contrée non soumise de Zéitoun. A l'origine, lors de l'accaparement des terres, le peuple viYait en nomade sur des propriétés qui ne lui appartenaient pas. Il s'occupait de l'élevage des troupeaux. De rares individus seulement aspiraient à dcYenir propriétaires. La masse préférait cette vie aventureuse à une possession aléatoire et aux cruautés d'une expropriation brutale. L'Arménicn étant chrétien ne pouyait et ne devait en aucune façon devenir riche, propriétaire. L'arbitraire des gouverneurs se chargeait de modérer leur prétention en confisquant le fruit de leur labeur et de leur épargne. Une p:irtic :issez heureuse de la population traYaillait en guédik. C'est un bail à trés longue cchéance. Le travailleur g11édik paie comp- (1) Les biens mkoufs n'impliquent aucune condition sociale particulière à ceux qui les cultivent ou occupent. Ce sont de simples particuliers locataires ou proprietaires de l'usufruit, si l'on peut s'exprimer ainsi.
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