LA QUESTION SOCIALE EN ORIENT 573 LA QUESTION SOCIALE EN ÜRIENT . L'Orient est ensanglanté depuis quelques annees par de violents troubles. C'est un tort que de les attribuer uniquement aux aspirations libérales de quelques-uns ou aux intrigues politiques de l'étran-' ger. Ce ne sont, à notre avis, que les conséquences inéluctables du double mouvement economique et social qui se dessine de plus en plus. Nous allons tâcher, dans cette étude, d'exposer les vraies causes de la morbidité de l'empire turc et par la suite nous verrons ce qu'est en vérite cette « Question d'Orient >>, si dangereuse pour la paix sociale. La stagnation, l'immobilité orientales sont légendaires. Traditions, mœurs, religions, idées s'y perpétuent d'une façon réellement étonnante, avec un soin presque religieux. L'Orient semble rester inaccessible au souffle révolutionnaire qui part de l'Occident. On a attribué cette inertie tout asiatique à la religion, aux croyances, à la forme gouvernementale. Ce n'est qu'une moitié çle la verité. C'est le côté idéaliste des faits. Nous voudrions montrer l'autre, qui est peut-être la plus importante : le côté réaliste. Nous examinerons les conditions économiques et les rapports sociaux des peuples de l'Orient et c'est au cours de cette étude que nous dévoilerons la vraie cause de la décadence de l'Empire turc. L'influence du milieu naturel, de la production, des conditions économiques, etc., est prépondérante sur les destinées des peuples. En Orient, le climat, la fertilité du sol, toutes les richesses dont la nature gratifie largement l'homme, ont rendu celui-ci plus poéte que travailleur producteur. Il subvient à ses besoins sans trop d'efforts ni de travail. Mais aussi l'exces de tant de générosité naturelle entraînet-il souvent comme conséquences d'effroyables cataclysmes, de terribles fléaux, transformant ces édens terrestres en d'affreux champs de souffrance et de misère. En proie aux ca11rices du hasard, prisonniers de la nature,· les
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