LA R t, \' lJ t·. SOCIALISTE destruction de Cra\'ann, la \'ilk s.1inte. L'ancien amour les a n:conquis. lis s'aiment comme autrefois dans le jardin de la magicienne. Leur passion est plus forte q11c leur haine. C'est pour le rctroU\'Cr Llu'elle est ,·cnue dans ces for0ts sauvages. Mais le froid l'a frappée et clk se sent mourir. Fen·aal Li rcchaufFc sur son sein. Il croit qu'il la sauYcra de cc péril mortel. Guilhcn le supplie de lui pardonner le mal qu'elle a fait à sa p:llric. Elle .1détruit le sanctuaire des dieux qu'il adorait. i\fais Fcrv:1al lui :rnnoncc qu'il mcprisait ces di\'initcs odieuses et cruelles, ces dieux gui dcfendaicnt d'aimer, :1u nom desquels des pn2tres indignes tyra1111is:1icnl'thumanité. - Ton amour, s'ccric-t-i 1, Ill ':1 rcvélé le sens de la \'ic; l'amour est b Haie loi du monde. Tout cc ,1uilui fait obstacle doit disparaitre. J'ai trahi ma patrie; mais pourquoi ma p:1tricm'ordonnait-clic de haïr ceux qui y sont étrangers? Pourquoi me forç:1it-clle d'abandonner celle que j'aime? Cc culte antique de la patrie est ctroit et s:1nglant. Je veux l'elargir et k purifier. l\!a patrie, c'est l'humanité; ma loi, l'amour des hommes. ;\!aintenant, nul obstacle ne se dresse entre nous. J'ai dctruit tous les fantômes. Les jours de malheur sont passes. Un moment rnnimce par les paroles ardentes de Ferv:1al, Guilben Yeut fuir :'t jama_isces lieux de désolation et de mort, et repartir avec son :unant Yers k pays du soleil,<<chercher ks cni\Temcnts magiques de l'éternelle voluptc ii; mais h fatigue la retient immobile, la fienc b consume, le froid la torture et clic tombe C\'anouie, presque mourante, aux pieds de Fen·aal. Stlus les caresses du jeune homme, la \'iergc renait ù b vie. Mais bic11tùt,se sentant dcfaillir, elle adresse son supr0mc adieu ù l'homme qu\·llc :tirnc : - Je meurs pour toi, mais je meurs heureuse, car mon :1mour t'.1 rc\·élé le vrai bonheur, le nai dc,·oir. Tu songeras toujours à la pauYrc Guilhcn, gui Ya bientôt dormir sous l:1neige glacée des montagnes. Elle tombl'. morte, pendant que la tcmp('.:tc éclate au loin, a\'ec \'iolcncc. La lune disparait sous les nuages. fcrYaal, déscspt'.:ré, reste ·cul dans la nuit obscure, pn'.:s du cadanc de la 111:1gicicnncI.l est plongé dans un amer dt'.:scspoir, dans une profonde detresse morale. Les dieux qu'il a trahis se vengent de son abandon; ils \'Cul-:nt lui faire expier, pense-t-il, ses blasph0mcs et ses l.'tchctés. Son orgul'.il tcmérairc l'a rendu criminel, et de nouYeau k remords l'accable. Il pleure sur sa patrie, sur les autels des di-eux,sur son maitre, le sage Arfagard, qu'il :1tué lfichcmcnt; et dans cette dernière l'.:prcu\'c, il YOitune punition lcgitimc de sa conduite infi\mc. Tous les liens gui le rattachaient;\ la Yic sont brisés. Il \'CUtmourir, se frapper de son glaive; la mort lui appnrtera la paix et l'oubli. D.rns son dclirc, que rend plus douloureux l'obscurité croissante, il croit rl'.trou,·cr sa fianct'.:cviv:rntc; il Ycut de nouye;iu la saisir dans
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