LA !Œ\'UE SOCIALISTE leur force et leur \'Crtu. L'amour de Guilben a changé tout son être, et cet amour est son seul but, son unique espoir. Cependant l'idée du de\'Oir présent, la rédemption de la patrie menacée par les barbares, l'accable, k désespère, et il mèditc douloureusement, quand il entend au loin n'.:sonm:r les chants tristes des pâtres, qui lui rappellent sa mission di\'ine, en le faisant songer :i sa patrie terrestre. ~•a-t-il pas compromis par cet amour fatal l'existence même de sa patrie ? Arfagard Yient lui annoncer l'assemblée prochaine des chefs des tribus prés de l'autel sacré. Un berger, le messager du collégc druidique prcs des guerriers, apprend :1 Fervaal leur arriYéc soudaine. Ils \'Culent èlirc un chef suprême. A cc moment, les ondes blanchâtres des brouillards semblent attirées \'Crs l'autel par une force mystérieuse. Elles s'y accumulent et s'y arn'.:tcnt lourdement étagces. Le prètrc cherche :'t pénétrer cc sinistre présage. Fen·aal \'CUt alors lui a\'Ouer sa faute. Depuis qu'il s'est donné :i Guilben, il est indigne du rang suprême. Si Arfagard lui confiait encore l:t garde de la cité, Crarnnn ne pourrait rcsistcr aux cnYahisscurs. ;\lais le prêtre, préoccupé par l'apparition surnaturelle, refuse de l'entendre. Inditti'.:rent :i ses plaintes, il contemple dans la blafarde lueur du jour naissant les nuages amoncelés sur l'autel. Ceux-ci prennent des formes primordiales. D'abord, de hauts rochers, des arbres et des plantes gigantesques apparaissent. Mais un souffle de Ye11t disperse ces images. Puis cc sont des formes d'animaux fantastiques dont le corps s'allonge horizontalement d'une façon démesurée. Enfin les nuées présentent l'aspect d'un serpent immense qui s'enroule autour de l'autel en s'étirant Ycrs la cime des pins. Arfagard inYoque la déesse Kaito, génératrice de l'Ètre uni,·crscl, en élcYa11t Ycrs l'autel une branche de chêne qu'il tient à la main. Il Yeut connaitre l'ayenir de la cité sainte, la destinée du peuple de CraYann. A son appel, un être mystérieux émerge des nuages. La déesse-mère, h:aito, apparait au prêtre, entourée de blanches formes féminines faites de brouillards. Elles tournent lentement autour de la déesse, et leur mouYcment engendre de lointaines harmonies pendant que Kaito prophctise. Elle annonce b fin des dieux cruels. Le régne d'Esus, dieu de la guerre, dieu de Lt haine, est fini. Elle prédit la Ycnue d'un dieu nouYcau, d'un dieu d'amour. Cc dieu se fait aYcc les pleurs des hommes. Il sera le dieu de charité, de pitié, de justice. - Le prêtre d'Esus se refuse a croire :·•cette prophétie. - Kaito m'a trompé, l'antique religion subsistera. FerYaal, le héros élu par les dieux, protégera leurs temples et leurs autels. Et il ordonne au jeune homme d'aller rcYêtir son armure de combat pour siéger au conseil. Fcn·aal a compris la prophétie de
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