LA REVUE SOCIALISTE t'ai appris la science divine. Je t'ai protégé des souillures terrestres. Plus tard, afin d'obéir à l'oracle, je t'ai fait jurer de renoncer éternellement aux charmes impurs de la femme. Pour mettre ton courage à l'épreu\'C, j'ai parcouru aYcc toi de vastes contrées. Maintenant il faut rejoindre la fon:t sacrée; car ta destinée Ya bientôt s'accomplir. AYant la lune prochaine, un grand conseil va s'assembler pour élire un brenn de guerre. Les dieux t'ont choisi. J'annoncerai aux chefs leur sentence et ils placeront en toi la puissance suprême. Réjouis-toi, Fcrvaal, de ta mission diYinc. Nous partirons cc soir, je t'attendrai à la porte de pierre; quand je dirai le chant qui sert de signal à nos pâtres errants, tu viendras. Et pendant que le vieux prêtre s'éloigne, Fcrvaal prend ses armes, sa ceinture, ses éperons, son casque, son épée. Sa destinée le remplit d'enthousiasme. Mais il songe avec regret à Guilben, la femme qui l'a guéri et qui l'aime. Cependant, la magicienne s'est approchce du héros et lui a demandé la cause de sa tristesse : • - Le souYcnir de mon enfance lointaine m'a troublé, s'écric-t-il. Je regrette ces temps où je Yivais libre d'inquiétudes et de soucis, :i. l'ombre des chênes sacrés. i\Iais depuis que je t'ai Yuc, la tristesse est dans mon Jmc. Je souffre de ne pouYoir t'aimer. Guilben, elle aussi, s'attendrit au souYcnir de ses jeunes années, quand elle allait, à tra\'crs la plaine, chasser le!>bêtes saungcs. Fille de l'émir qui soumit la contrée, elle a toujours connu les joies de la souYcraine puissance, mais son bonheur a disparu depuis le jour où le clair regard de Fernal s'est fixé sur elle. Bientôt Guilben est de,•enue inquiète et soucieuse. C'est qu'elle l'aime aYcc la frénésie de la virginité, qu'elle se sent enchaînée tout cnticrc par lui, qu'elle ne peut plus Yiwc hors de sa présence. Ils s'enlacent alors dans une ardente étreinte. Ils ressentent une Yolupté inconnue, une joie brûlante. FcrYaal, cniwé par ce premier baiser, Ycut fuir avec Guilben. Ils iront tous deux chercher un refuge dans la fraicheur des forêts sauyages, et là ils connaîtront les joies suprêmes de l'amour. Leurs YOix:se réunissent pour dire l'union de leurs funcs et le dŒrc de leurs sens. Soudain l'appel d'Arfagard retentit au loin, interrompant leur ivresse mutuelle. fcrvaal songe à son serment; il a juré de n'écouter jamais des paroles d'amour. Il doit repousser Guilhen : - Il faut que je te quitte, pour accomplir une mission sacrce, pour sau,·cr ma patrie, Cra Yann, la ville sainte! - Partons ensemble, t;i gloire sera ma gloire. -- Je dois renoncer à ton amour. J'ai promis aux diYinités protectrices de vivre chaste toute ma Yie. Ivlais la magicienne, pour le retenir prcs d'elle, l'enchante par des
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