La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIV- vol 02

5-1-8 LA REVUE SOCIALISTE enseignement et à les faire occuper par des hommes à clic que re:crutcnt et que commandent ses propres chefs politiques, en appliquant ainsi à la science clic-même l'ingcnicusc et triomphante formule qu'elle appliquait déjà à la plupart des manifestations agricoles, industrielles, commerciales et financières gui en sont l'objet: exploitation e11111011opole s011sl'etiq11etlerle la liberté. Cc fut un coup de partie. Essayez aujourd'hui, quelque part que cc soit, de repousser les cmpiétemcnts,ou seulement de limiter les usurpations de la bourgeoisie en matiérc de rcpartition ou de production de b richesse, Yoici comment vous serez reçu. Dans la sous-commission juridique de la commission extraparlementaire du cadastre dont j'ai parlé plus haut, présidée, naturellement, par le leader du parti conservateur qui est en même temps le pape de l'économie politique et sociale orthodoxe, on propose d'accorder au propriétaire foncier la faculté de représenter sa terre par des bo11fso11ciersbypotbécaires, transmissibles par endossement, qui lui seront délinés par le conscrYateur des hypothèques, qu'il négociera quand il aura besoin d'emprunter, et qui donneront au porteur le droit de l'exproprier en cas de non-paiement du capital ou des intérêts. Un honorable professeur d'économie politique d'une Faculté de Droit qui estime, pour sa part, que « le droit éminent de l'État sur le sol nationai n'a rien de bien scandaleux, >) s'effraye de ces facilités données au propriétaire foncier en nie de l'emprunt hypothécaire. Il est, dit-il, « ami de la liberté indiYiduclle, l'ad\·crsairc de toute tutelle administratiYc; )) mais il trouve qu' « il n'est peut-être pas nécessaire que l'Etat fournisse lui-même un aliment à l'irnpréYoyance, a la précipitation, :\. la témérité. » Il se demande si la seule tolerancc de l'hypothéquc sur soi-même n'est pas « en quelque sorte une inYitation à tous les proprictaircs, aYant même qu'ils aient cprouYé un besoin sérieux, de remplir de bons hypothécaires leur portefeuille dont ne sauraient tarder A les faire sortir une nuée de traficants. » Il conclut que« le sol national, c'est l'assise, c'est le cantonnement de la patrie,» et que, « pour ceux qui aiment leur patrie, ils ne peuvent désirer la. voir abandonnée à tous les hasards, la voir linée à la merci des prodigues, des dissipateurs et des agioteurs. » En entendant profercr de telles hércsics, les économistes présents sont horriblement scandalises; le président tonne : - C'est le collcctiYismc cela; c'est la nationalisation du sol (r). A cette tolcrance respectueuse des opinions opposccs aux siennes, reconnaissez l'école libùale, la grande école de la liberté et du libéralisme. Et encore, si cette école en était une! Si clic avait, sur chacun des points fondamentaux de la science, une thcorie quelque médiocre (r) Co111111issioe1x1lraparle111enlaire du cadastre. Procès-verbaux. Fascicule n• 5. Pp. 545 Cl 546.

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