LE PROBLÈME FISCAL 541 à leur prix courant, puis en faisant concourir toutes ses mesures ét l'installation du réo-ime industriel et commercial et au proo-rés écono- o 0 mique qui doit s'ensuivre, l'État ferait un bénéfice considérable., Le plan gén~ral de l'opération serait· tel que je l'ai tracé dans la Théorie mathématique du prix des terres. L'État reprendrait les terres aux propriétaires au prix courant; il les paierait en obligations de sa dette au taux courant; il les affermerait à des entrepreneurs pour y exercer l'agriculture, l'industrie ou le commerce ou à des consolnmateurs pour y construire ou y entretenir des maisons, des châteaux, des jardins ou des parcs, à la seule condition, pour les uns et les autres, de payer le fermage le plus élevé. Pendant un certain temps, le montant total des fermages des terres ne suffirait pas  payer le montant total des intérêts des obligations. La dette de l'État s'accroitrait tous les ans de la différence. A un certain moment, grike à l'augmentation du taux de la plus-value, le montant des fermages suffirait ,\ payer le montant des intérêts, et la dette cesserait de s'accroitre. Enfin le montant des fermages arrivant à dépasser le montant des intérêts, l'amortissement pourrait commencer et s'effectuer dés lors avec rapidité. Ainsi l'État aurait racheté les terres « sans bourse délier. » Cc n'est là qu'une esquisse à grandes lignes; les détails rnnt nombreux et compliqués. En voici un trés important. Dans une société progressive, non seulement le taux de la plus-value de la rente et de la terre s'clcve, mais le taux de l'intérêt s'abaisse. Ces deux faits sont à la fois rationnels et expérimentaux; et le second concourrait au rachat comme le premier. Par le premier, l'État verrait augmenter le montant de ses fermages à toucher; par le second, il verrait diminuer le montant de ses intérêts à payer. Il lui suffirait, pour cela, de rédiger les obligations dans des termes qui permissent la conversion de la dette. En Yoici un autre. L'ouverture des grandes voies internationales de communication a amené une crise de nivellement des fermages, lesq~cls s'élevent dans les pay·s neufs et s'abaissent dans les pays vieux. L'Etat devrait attendre quc cette crise fût à son terme pour opérer. En regard de ces circonstances favorables, .11 y en aurait sans doute de défavorables. Cette opération du rachat des terres par l'État, celle de la régularisation de la variation de valeur de la monnaie, celle de l'établissement des cahiers des charges des monopoles, celle de la détermination des salaires entre les entrepreneurs et les travailleurs, sont des opérations pratiques analogues aux grandes opérations de génie civil; elles exigent des études préalables et paralleles, statistiques et économiques, que rendra seule possibles la constitution de l'économie politique pure. Quant à la mise en train de l'opération, la théorie de l'impôt foncier l'indique immédiatement. J'ai montré dans les §§ V et \'I de l'étude sur Le Cadastre et
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