LA REVUE SOCIALISTE convaincu qu'il n'y a point d'intimité dans ses relations avec P. et je base mes conclusions justement sur les données psychologiques que tu viens <lem'exposer. Mais les apparences, en effet, lui sont défavorables. Et c'est là la raison pourquoi j'ai dû me multiplier pour lui faire comprendre qu'il est au plus haut point idiot d'accepter toutes les responsabilités s::rns bénéficier en même temps des avantages qu'une certaine situation peut offrir. Pour confirmer la justesse de mes paroles et lui faire voir que cc ne sont pas seulement les gens futiles qui pensent comme moi, j'ai invoqué ton nom, sachant qu'elle a de l'affection et de l'estime pour toi. Mais je n'ai pas songé a sa naïYeté et a son caractère bonasse et je ne lui ai pas demandé le secret la-dessus. Pourtant, il n'y a aucun mal à cela. Elle est tout aussi reconnaissante a toi q1 J'à moi-même pour cet avertissement qui a été suggén'.: par un sentiment d'amitié. Par conséquent, tu peux apaiser ta colére. Je lui ai fait parvenir ta lettre; son adresse est 10, rue de Clichy, chez MmeRorion. Ces derniers jours, son fils faillit mourir du croup; elle a été trés affectée de la maladie de l'enfant. Tu m'écris que ta fille va venir a Paris, mais tu ne me dis pas an:c qui elle viendra et oü elle descendra. Je n'ai pas besoin de te rappeler que ma fille et sa gouvernante (qui est une excellente personne) et moi-même nous serons prêts a lui ouvrir nos bras. Mais il faut d'abord que nous sachions oü la chercher. En attendant, je te dis adieu, homme austcre, mais juste, et te serre bien la main. Ton dévoué, Iv. TouRGUENEFF. P.-S. - Je n'ai pas encore reçu la Cloche avec ton article sur l'E11trei011e, de Yarso\'ie. Un de ces jours-ci j'ai diné avec Dolgorouki. Le très cher Echevski séjoun~e ici, de même que Tchitcherine. Paris, 1" janvier 1861. Mes félicitations a l'occasion du jour de l'an! Je t'e1woie, mon trcs cher 0111ico, la missiYc de GoloYine au prince N. I. Troubetzkoï a propos de la question que tu fais dans la Clac/Je. Tu recevras aussi, sous bande, une coupure du Recueil mariti111e contenant une enquête trés détaillée sur la perte de « Plasto1111e », et qui, selon moi, est franchement faite. On te prie beaucoup d'épargner dans ton journal le grand duc Constantin Nicolaevitcb; car, affirme-t-on, dans l'affaire de l'émancipation des serfs, il lutte comme un lion contre le parti réactionnaire des seigneurs, et chaque parole malveillante de toi retentit douloureu-
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