La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIV- vol 02

LA REVUE SOCIALISTE que j'ai lu aYcc un véritable bonheur le discours que le roi de Hanovre a prononcé à l'occasion de l'inauguration du monument pour son feu père que Dieu a pris en sa sainte garde. C'est cc même roi qui conféra à J3oris le titre de comte, pour aYoir lancé l'épithéte d'imbécile à l'Allemagne. Lis ce discours, je t'en supplie; Nicolas Pavlovitch (r) lui-même ne saurait se pénétrer à un tel point du sentiment de sa propre dignité. En attendant, assez. Écris-moi deux mots seulement - je t'en répondrai deux cents - et sois gai et bien portant. J'attends le numéro de la Cloche, dans lequel Kraevski a été si bien arrangé (2). Courtavenel, 6/18 1860. CHER ALEXANDRE lVANOVlTCH, Tu as, certainement, été très étonné en apprenant de Mme N. N. que j'ai passé à Londres et que je ne suis pas aile te voir. Premièrement, jusqu'au moment même de mon arrivée, je ne saYais pas que tu y étais et, en dcuxicme lieu, je n'avais pas un seul instant disponible, de sorte que je n'ai pas pu, non plus, aller chez Ogarefl. A présent, je reste à la campagne de Mme Viardot et je chasse autant que le permet la pluie qui ne discontinue pas. Dans quelques jours, j'irai à Paris pour chercher un appartement à louer. Si tu n'as pas changé d'avis, quant à la gouvernante anglaise, je me chargerai d'en trouYcr une avec l'aide de la dame qui a une pension à Patis, rue Laffitte, Hàtcl Byron, et que je connais. J'espère qu'Ogarcff t'a remis notre projet (3); écris-moi en toute franchise cc que tu en penses. Dans cette affaire, comme en général, j'attribue à ton opinion plus de valeur qu'à celle de cent personnes. Je verrai à Paris les derniers numéros de la Clocbe; j'espérc que tu n'as pas manqué d'arranger joliment notre Môssieu (4) pour les ignobles réceptions et les diners de gala offerts aux Autrichiens, et qui rappellent l'époque la plus néfaste du règne de Nicolas. Enfin, qu'est-cc (r) Nicolas J••. (Trad.) (2) Herzen écrivit un article sarcastique contre Kraevski, directeur du ]011rnalde Sai11t-Pélersbo11rg, qui exaltait le gcnéral Lamoricière. (Trad.) (3) Il s'agit du projet de fonder en Russie une Société dans le but de propager l'instruction dans les masses et d'assurer leur développement moral. Pendant son séjour à l'ile de Wight, Tourgucnelfprit une part active :i l'élaboration de ce projet avec ses amis Annenkoff, le comte Alexis Tolstoï, Botkine, les deux jeunes Rosto,·tzeff, fils du comte Jacques Rostovtzeff. Ce projet fut envoyé il toutes les notabilités en Russie, aux professeurs des universités, aux littérateurs et aux artistes. Mais, avant même que la discussion en eût lieu, les cours populaires du dimanche existant déjit furent fermés. (Trad.) (4) L'Empereur. (Trad.)

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