La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIV- vol 02

LA REVUE SOCIALISTE lieu, elle est dans l'impuissaucc, 11011seule111e1d1'tacco111pli1r11aisde formuler cc/le tra11sfor111alisooucial,.:.. « Voilà les obstacles contre lesquels se sont brisées les réformations et les rérnlutions, toutes les républiques et toutes les constitutions; voilà l'écueil auquel se heurta l'Occident dans sa course audacieuse ... « C'est là la limite ... « ... i\Iais, est-ce la limite pour nous, enfants adoptifs de la civilisation européenne? » se demande Herzen, et il conclut : « Notre Lég{nde n'est pas encore fondée, elle appartient à l'avenir. » Scion lui, la transformation sociale dans le monde sera effectuée particuliérement par la Russie, qui dans sa co1111111111e rural , son arlel et son zemstvo, trouvera la formule pour l'accomplissement de cc progrés. Et il continue : « Consterné, l'Occident se jeta dans le césarisme, dans le nationalisme, et se précipita sur les questions sociales avec un ricanement qui rappelle celui des patriciens romains et des doctrinaires nazaréens. Il faut en pleurer et non pas en rire ... Depuis 1848 nous sommes dans l'attente ... Et le socialisme demeure toujours comme ce Daniel courroucé mon,trant les terribles signes de feu, dont jamais nous ne connaîtrons la véritable signification, mais qui augurent une calamité et ne parlent pas de rédemption. » Plus loin, Herzen compare la désagrégation actuelle du monde germanolatin, qui se produit par la bourgeoisie, m·ec la décomposition de l'Empire romain lors de l'avènement du christianisme. Tourguencff ne reconnait pas à la Russie le rôle que lui attribue Herzen. Il défend cette thèse qu'appartenant au ,, gmus ('/(rop,r11111 i,, la Rus~ic marchera fatalement dans la voie tracée par l'Occident. Les arguments de Tourguencff influencèrent quelque peu Herzen. Dans une de ses Lettres sui\·antcs (Principes et Résullats) il reconnaît l'unité du « plan général » du développement de l'Occident et de la Russie; seulement il fait observer qu'un plan général de développement permet un nombre indéfini de \'ariations; que cc plan admet pour « les peuples européens euxmC:mcs b possibilité de passer à un ordre social différent », de même que la possibilité pour certains peuples d'évoluer par h forme de la bourgeoisie, co111n11~.:a « phase transitoire »; enfin, la possibilité pour la Russie « de ne pas se dé,·elopper du tout ». Mais, après a\·oir fait l'exposé de toutes ces suppositions, Herzen arrive à la conclusion que « précisément parce que cela pourrait seproduire, il peut aussi en être autrement ». Il insiste t0utefois sur cette thèse « qu'étant admise dans la famille de l'Europe à titre de cousine ». bien que la Russie n'ait rien élaboré d'original dans son évolution, elle a pqurtant co11servqeuelquechose et qu'elle est à même de développer ce quelque chose sans répéter tOutes ces vieilles sottises de l'Occident sur un nouveau modèle» ... Lorsque, une année plus tard, il publia en brochure Principes d Résultats, il y fit allusion à cc que les priucipes rnsses se manifestèrent aussi dans les « terribles affaires » de l,l suppression de l'insurrection polonaise : << Regardez ce satrape féroce en Lithuanie : il s'efforce d'ét0uffer l'élé-

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