La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIV- vol 02

510 LA REVUE SOCIALISTE monde entier l'on se som·ient encore que Paris s'est battu pendant deux mois pour l'Humanité; et que le drapeau rouge n'a pas été enterré a\·ec les fédérés, et qu'aujourd'hui plus luxuriante que jamais est la floraison socialiste. * * * Du suffrage universel. Représe11/alionproporliom1elledes 111njoritéest des lllÎ11oriléasu Pnrlellle11t, par Ch.-C. FouLON. - Reims, imprimerie Céres et du journal Le Frn.11c-Parleur, 12, rue du FaubourgCércs. Comme on ne peut pas chaque jour \·anter le tsar et les bienfaits russes, la presse opportuniste et radicale variait ses articles de fond, pendant ces derniS::resvacances, par des dissertations sur la révision. Aussi M. Foulon, r6dactcur en chef du Frn11c-Parleur, journal rémois à tendances socialistes indépendantes, a-t-il cru le moment propice au lancement d'une brochure révisionniste.Hélas! Les propos de vacances s'oublient vite, et voici venir la rentrée parlementaire. Je crains fort que les menus incidents quotidiens de la vie politique ne ser\'ent comme toujours de prétexte aux radicaux pour oublier la révision, laquelle est cepend,tnt de\·enue leur seule raison d'ètre, leur unique soutien politique. Je regretterais cc nouvel abandon de la r6vision pour cent raisons, dont l'une est l'ombre et le silence qui s'ensuivraient autour des idées originales développées par M. Foulon qu'il faut lire, car je ne puis \'0us donner que le squelette de sa brochur<.!, moins encore : l'idée mère, celle qui lui sert constamment de fil conducteur . .\1. Fou/01v1oudrait ,•xci'll,•111111amfitn, de prc'cisrr les desideratapolitiq11es,que 1'011votrit d'abord sur desprogra111mes,et c11suit,,seulm1e11st ur frs bo11111q11e1si devront représmter ers progra11111uLs.l' scrutin serait départr111wtal.Les éfrcteurs déposaai,·11td'abord dans l'un,,• 111b1ulldi11 en faveur de td 011 ll'l progra111111e. Puis, au 110111bdrevoix obteu11par chaqueprol{ra11111c1ocr,respoudraitproporlio1111el/e111t1Je1t110111/Jdr1e•s députés d elirl! pour le d,!femlre. Q11i11,ejours après 1'1:Z,·ctiod1es1progra1111111•s aurait Jim l'électio11dès de'putés.Et sernimt ilus, sui'mnt le 110111bdre :siègepsroportionncl/m,,·nt dt'volus ù chaqueprogra111111lecs,candidats defmdanl Z,.111é111<' progra11111q1uei auraimt obtenu leplus grand ,,ombredesuffrages. * * * GEORGES 'NEILL - L'École saint-simonienne (son histoire, son influence jusqu'a nos jours). - Felix Alcan, editeur. Prix: 3 fr. 50. Dans sa réponse au discours de réception de M. Paul Bourget à l'Académie française, M. de Vogüé rappela que beaucoup d'hommes furent réveillés par l'école d'Enfantin du découragement et ramenés à la vie active et saine. C'est à la notation de toutes les influences, soit individuelles, soit surtout sociales, tks disciples de Saint-Simon, que s'est attaché M. ·weill, non pas en philosophe ou en sociologue, car il n'explique rien, mais en historien, avant tout soucieux de vérité et de clarté. Le jour même de l'enterrement de Saint-Simon, « le saint-simonien», comme dit Renan, en revenant du cimetière, l'on décida chez Olinde Rodri-

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