LA REVUE SOCIALISTE du plus humble prolétarrat, parce que tout d'abord il pratiqua sur luimême pendant ses nuits de veille, et ensuite sur ses compagnons de misère, ses fréres de travail, la méthode d'investigation socratique, - voilà pourquoi le peuple est resté fidéle à sa mémoire, - et pourquoi au Conseil municipal de Lille l'on a proposé et au Conseil municipal de Roanne l'on a Yoté de donner le nom de Malon à une rue, cl pourquoi la statue de Malon s'élévera bientàt sur une place de Paris. Si le peuple a fait de si belles funérailles à -Benoit Malon, s'il continue 1 vc-nir célébrer son anniversaire au Père-Lachaise; si Malon est un des saints <lu calendrier socialiste, c'est parce que le peuple sait que Malon n'a jamais cessé de lui appartenir, et qu'il n'a abandonné la Yie exclusiYement militante pour la propagande spécufative, que parce que véritablement il n'en pouvait plus, qu'il avait trop donné, que ses poumons étaient irrémédiablement atteints. Mais son cerveau était resté étonnamment puissant, et son cœur étonnamment bon. Jusqu'i son dernier souffie, il dépensa l'un et l'autre sans compter. Il accumulait articles et livres, étudiant toujours et trouvant encore le temps de répondre sans banalités à toutes les lettres. Ah! il savait bien, en se mettant i la portée de tous ses correspondants, en cherchant le chemin de leur cœur, en tkhant de les éveiller, de les orienter, de les diriger, de les soutenir, comme dit Fournière, par suggestions inrnlontaires, que c'était là l'apostolat le plus obscur, mais pour la conscience la plus méritante, et pour l'humanité peut-être la plus fructueuse propagande socialiste. A. V . •
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