50-1- LA REVUE SOCIALISTE de x istts, y istes et z islts, pour rester unis dans le vaste et puissant vocable de socialistes. Ainsi qu'il faut l'être dans la science pour approcher de la n:ritc, soyons synthétistes dans la lutte, si nous voulons remporter la victoire. La citoyenne Paule Mink, avec de chaudes paroles, dit la Yie de i\!alon en exil, vie toute de lutte et de misere fierement suppçirtce; elle felicitc le philosophe du socialisme d'avoir su mettre sa vie en rapport aYec ses principes et d'être resté l'homme simple et bon que ses livres nous montrent. Le citoyen Henri Place, au nom des anciens communards, assure du souvenir toujours vivant des camarades de lutte; il rclèYe ensuite vertement l'accusation de « sans patrie » qu'on lance aux socialistes et montre les internationalistes de la fin de l'Empire deYcnant les plus énergiques defcnseurs de la patrie française aux jours du péril. DISCOURS D'EUGÈNE FOURNIÈRE Heureux ceux qui, au début d'une existence vouée à l'étude, trouvent dans le maître qui les guide un ami qui les soutient. Malon ne fut pas de ces heureux : il dut forger seul, avec quelles peines! l'outil de sa libération intellectuelle, et c'est dans l'obstacle que se trempa son énergie. Puis-je oublier en cc troisième anniversaire de sa mort, alors que le recul d•.1temps fait grandir nos regrets en nous montrant mieux ce que nous avons perdu, puis-je oublier que j'eus le bonheur qui lui fut refusé, et regretterai-je jamais assez d'en a,·oir si tardivement connu tout le prix? Son enseignement était une heureuse combinaison de l'enseignement des philosophes antiques et de celui de Jean-Jacques Rousseau. Trop modeste pour se croire un maître, trop sa,·ant pour s'imaginer qu'il possédait la certitude, c'est par suggestions involontaires, pom ainsi dire, qu'il orientait, dirigeait, soutenait notre désir de savoir. Rouanet s'en souvient, lui qui fut aussi de sa plus proche parenté intellectudle et affective, il s'en som·ient de ces promenades où l'on scmbl.1it causer à bâ.ons rompus avec lui, et d'où l'on revenait armé pour le travail utile. Le grand secret de Malon était là : il ne vous parlait que de ce qui \'OUS intéressait. A Rouanet, en qui se dessinait l'économiste philosophe qu'il est devenu, il ouvrait en phrases attrayantes les trésors d'érudition qui mettent sur la voie des recherches fructueuses et des formulations fécondes. A tel plus humble, qu'attiraient néanmoins les vertiges de la compréhension d'ensemble, il racontait les efforts de la sociologie bégayante et montrait le lien qui unit entre eux les phénomènes sociaux. Et, furieusement, au sortir de ces entretiens, nous nous jetions sur les livres indiqués au hasard de la causerie et qui, cependant, étaient toujours ceux qu'il nous fallait lire pour pousser plus avant dans le domaine de la connaissance. A tel de ses amis (Malon n'eut pas de disciples au sens exact du mot) que le souci de l'exactitude des faits portait à se confiner dans des analyses qui
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