La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIV- vol 02

500 LA REVUE SOCIALISTE Je projet d'une nouvelle loi sur b cccomptabilité des cbemins de fer suisses», avec un message du II novembre 1895. L'étude de cette question, les bennes et en partie les obscurités des conditions renfermées dans les concessions, ont probablement fait naitre l'opinion que si le peuple suisse voulait acheter les chemins de fer it un prix raisonnable, il fallait d'abord mettre ces conœssions sur une base précise. Le projet que le département des chemins de fer avait d'abord élaboré - nous le relevons :1,·ec satisfaction - parait a,·oir représenté, avec une résolution qui mérite toute considération, les intérêts d'u pays en face des Compagnies de chemins de fer; mais dans J,, courant de la discussic;, des commissions fedérales et des deux Chambres fédérales elks-mêmes, la proposition a été tellement affaiblie qu'elle ne répond plus du tout au but que visait le projet du département. De plus, la loi n'ayant point d'effet rétroactif, elle n'aurait de force, si elle était adoptt'.e, que tout au plus :'i partir du 1" janvier 1897, c'est-a-dire pour la durée d'une anncc de la période critique de dix ans, de 1888 il 1897, qui doit sen·ir de base au prix du rachat des lignes. Son influence sur la nationalisation elle-même serait donc nulle pour cette période d'achat et, si nous soutenons quand même cette loi et la recommandons aux électeurs, c'est simplement parce qu'elle constitue un progrès sur la loi de 1833. • Nous appuyant sur l'existence d'une loi sur le • droit de vote des actionnaires » bien intentionnée mais sans effet, et d'une loi de cccomptabilité pour les chemins de fer suisses » reviséc mais i11sujjisa11/e, nous ne pou,·ons qu'exprimer l'opinion que la mnjori/,i des Chambres fédérales ne veut pas du tout de la 11nlio11nlisntiod1e1s cbemi11sde fer, et voudrait tenir le peuple suisse encore plus longtempt; sous la dépendance du monde financier du pays et de l'étranger. Aussi n'est-ce point la vanité, mais l'imposn!lle 11écessilé qui nous fait prendre l'initiative, et si nous en faisons usage, nous ferons remarquer d'avance que c'est un pri\'ilège qui nous est garanti par la Constitution. La nationalisation des chemins de fer suisses, c'est-il-,lire le passage des lignes dans l'exploitation de l'État, et avant tout l'amortissement graduel du prix d'acquisition, sera le plus grand acte du peuple suisse depuis l'existence de la nouvelle Conféderation. C'est une 11éœssitéd'éco110111i1eatio11nle, pour autant que le peuple suisse est décidé à ne pas se 1.iiss~r \'aincre dans b lutte commerciale, si vive entre les nations. Chers concitoyens de toutes les classes et de tous les partis! Vous placerez les int~rêts du pays e11/ier plus haut que l'int~rêt partic11/ier de quelques individus; et voui; vous empresserez, nous l'espérons, d'appuyer de vos signatures notre demande d'initiativi;. Zurich et n.ile, juin 1896. Au 110111 ,lu Comité ,l'initiative pour la nationalisatioa des chemins de fer suisses LE ComTJ\ EXiicunF. Asrnra11ce. - La seule commune suisse dans laquell~ la ioi cantonale sur l'assurance contre le chômage est en vigueur est la Yillc de Saint-Gall, oü clic est appliquée depuis le 25 juin 1894. La ,loi n'est obligatoire pour les communes qu'après refcrcndum populaire. L'institution cn'.:cc a Saint-Gall est dirigée par une commission de neuf membres: sept sont clus par les traYaillcurs et deux par le conseil communal. Tous les traYailleurs gagnant moins de 5 francs par jour et 11011 assures:\ une socicté d'assurance sont tenus de faire partie de l'organisation officielle. Les primes s'élcvent de r 5 à 30 centimes par semaine, suirnnt l'importance des salaires; les secours correspondant~ Yaricnt de I fr. 75 ù 2 fr. 35 par jour pour un maximum de 60 jours de

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