LA REVUE SOCIALISTE mcrais à y voir des trav:rnx sur les pays de colonisation, des traités techniques complétant leurs connaissances professionnelles. Il n'y a rien de tout cela et cette négligence est caractéristique. 16 Décembre. • L'école est le crrand leYicr qui pourrait servir à la direction. 0 . Dépouillc2-moi cc mot de son sens étroit. Elargissez en la conception au point d'en faire l'organe d'un enseignement approprié à l'institution et vous aure2 la solution du problème q:.ii se pose ici. C'est encore une desillusion. Pas <l'ccole pour tous les colons qui ont atteint leur Yinrrticmc anncc. Pour ceux de dix-huit à vingt ans, un :::, ~ cuistre quelconque leur enseigne pendant une heure chaque jour l'orthographe et le calcul. Ne médisons ni de sa class<; ni de son talent pcdagogiquc. Ce serait inutile. Il ne serait pourtant pas difficile de montrer que l'ignorance est une des causes principales de la situation de ces malheureux, et cette situation est critique, puisqu'elle a cntraînc la société à une action répressi\'c. Il semble élémentaire que l'autorité, qui s'arroge ici le droit très discutable de punir, devrait tenir :i. cœur de justifier cette prétention par une amélioration de l'individu. Que ne lui dit-elle: Tu n'es pas armé pour la lutte de chaque jour; tu n'es pas assez instruit, je développe ton saYoir; tu n'es qu'un travailleur médiocre, je te rendrai plus capable. Tout cela, c'est de l'utopie. 17 Deccmbrc. L'hygiène est facultative, la lecture est difficile, l'instruction fait défaut, mais la religion est obligatoire. Ici il faut pratiquer un culte, l'administration n'a jamais conçu un homme ne pratiquant aucune religion positi\'c. Le règlement d'ordre intérieur date du beau temps oi'.1la seule question cléricale servait à donner au peuple belge l'illusion d'une lutte politique masquant la dqmination de la classe bourgeoise. Il attribue à la religion catholique un rôle précminent. L'aumônier habite un château au milieu de la colonie, jouit d'un plantureux traitement et a rang de personnalité administrative immcdiatement aprcs le directeur. Il a introduit à la colonie toutes les pratiques d'une dévotion outrée. Messe le dimanche, messe en musique avec honneurs militaires rendus par un piquet d'infanterie en grande tenue, sermon et sàlut l'après-midi, messe en semaine à propos de la moindre fête secondaire, retraite à Pâques, que sais-je. L'aumônier est chargé de réprimer le blasphème par des peines de cachot. Il passe pour jouir d'une influence considé- ,
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