UN DÉPOT DE ME~DICITÊ 39 est remise à la fin du mois ou l'argent qu'on lui envoie du dehors. li est à noter que, vers l'époque ou se paye le salaire, des soustractions ont lieu sur les prestations <lues aux colons. Elles sont ordinairement mises sur le compte de l'administration, mais semblent plutôt être systématiquement organisées pour faire rentrer à la cantine l'argent distribué. Ce qui tend à faire admettre cette these, c'est que les prestations dont les hommes se voient frustrés sont en vente à la cantint:. A propos de celle-ci, il n'est pas inutile de faire remarquer qu'elle débite des denrées de qualité inférieure et d'autres dont la consommation est condamnée par les principes les plus élémentaires de l'hygiene : du lard cru, par exemple. 15 Dé~cmbre. Je viens de noter quelques remarques au sujet de la nourriture du corps. Celle de l'esprit est encore beaucoup plus négligée. Elle est représentée par une école et une bibliothèque. Les livres de cette dernière sont en nombre plus qu'insuffisant. On en compte environ deux cents en langue française, un cent en langue fi.amande et une dizaine en langue anglaise. Ces Yolumes sont mis à la disposition des colons environ six heures par semaine, aprcs des formalités trés compliquées et grâce aux soins de plusieurs bibliothécaires, qui semblent avoir pour mission spéciale de donner aux hommes un autre livre que celui qu'ils ont sollicité. Qu'est-ce que tout cela cependant à coté de la nature même de ces volumes? Cette bibliothèque, qui deHait être composee avec le même soin qu'on mettrait à préparer la nourriture d'un convalescent, ressemble plûtot à un ramassis de rossignols de librairie, achetés pour quelques sous sur un étal de bouquiniste. On y retrouve en assez grande quantité les produits de la science officielle, exposés lourds et indigestes, que personne ne lit et qu'éditent les académies et autres corps savants aux frais des contribuables. Naturellement personne ne lit ici des rapports de congrès médicaux ou géologiques pas plus qu'une docte compilation sur l'histoire de la justice militaire. J'ai vu demander davantage quelques romans à tendance cléricale plus ou moins accentuée, non pour la tendance, mais pour le récit ordinairement insignifiant. Les panégyriques dynastiques ne trouvent pas de lecteurs, pas plus que les livraisons dépareillées de la Revue du monde catbolique. Ce que devrait être cette bibliothcque, chacun le devine. Chacun aimerait à y voir la potion guérissante que plus d'un de ces malades prendrait sans s'en douter, l'œuvre qui associerait leurs quelques idées simplistes en une résolution vers le mieux, l'ouvrage d'ot'.1surgirait chez eux la résolution virile dont bea~coup sont encore capables. J'ai- '
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