La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIV- vol 02

REVUE DES REVUES propriété ou de servitude. Plus de murs, donc plus de proccs de murs mitoyens. Quant aux crimes et aux délits, on ne sait trop pourquoi, mais c'est un fait manifeste que le culte généralisé des arts les a fait disparaître comme par enchantement; tandis qu'autrefois le progrés de la vie industrie.lie :\\,lit fait tripler leur nombre en un demi-siècle. » L'homme s'est humanisé. Depuis que toutes sortes de besoins grossiers n'entravent plus l'essor des facultés vraiment humaines, il semble que tout le monde naisse poli. L'amour, Yoilà la source invisible et intarissable de cette courtoisie. L'importance capitale qu'il a prise est peut-être le c:1ractére le plus significatif de cette civilisation nouYelle. Il a bénéficié de la destruction ou de la diminution graduelle de tous les autres grands rnou\'ernents du cœur. « Le patriotisme est mort depuis qu'il n'y a· plus de terre natale, mais seulement une grotte natale, et qu'en onlre les corporalionsoit !'011c11lre n son gré, s11iva11sta voralio11,011tpris la place despairies, l'esprit de corpsa tué le patriotisme. De même l'école est en train, non de tuer, mais de transformer la famille, et c'est justice. Tout ce qu'on peut dire de mieux des parents de jadis, c'est qu'ils étaient des amis obligatoires et pas toujours 1 • 0 ' • d 1 ,c, ' é 1 1 • gratmts. n n avait pas tort e eur pre1crer, en gen ra , es amis, sorte de parents facultatifs et relativement désintéressés. Mais l'amour nous reste. Il n'y a plus d'autre patrie que la femme qu'on aime; il n'est plus d'autre nostalgie que le mal de son absence. » Mais cette puissance de l'amour a exigé des lois restrictives de la génération. « Est-il possible qu'ayant fabriqué des monceaux de lois dont nos bibliothèques sont encombrees, nos anc<'.:tresaient omis précisément de règlementer la seule matière digne aujourd'hui de règlementation! 1 Conçoit-on qu'il ait jamais pu être permis au premier venu, sans autorisation régulicre, d'exposer la société à l'arrivée d'un nouveau membre vagissant et affamé, surtout dans un temps oü on ne pouvait, sans permis, tuer un perdreau qui eût pourtant contribué à enrichir les garde-manger d'alors? >> Fille de la beauté et de l'amour, la bontè rcgne dans ce monde nouve~u. Plus de guerres d'extermination. Un jour, au delà d'une cloison, un explorateur trouve un peuple provenu de chinois, anthropophages vivant « dans une fange de mensonge, de rapacité et de vol. Plusieurs ont proposé d'exterminer ces sauvages gui pourraient devenir dangereux par leur astuce et par leur nombre; d'autres de les réduire en esclavage ou en domesticité pour se décharger sur eux de tout travail pénible, mais ces deux avis ont été rejetés. On a essayé de civiliser, d'apprivoiser ces parents éloignés; et quand on a eu constaté l'impossibilité d'y réus.sir, on a soigneusement rebouché la cloison séparative. » . Tel est le miracle moral; mais les merveilles intellectuelles gui

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