La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIV- vol 02

LA REVUE SOCIALISTE économil] ues, trés brièYement résumés, qui sont précieux à consulter. Telle est la chronique relative à la comrnunalisation: S;1\·icz-rnus qu'il existait des briguetteries communales en Allcnugnc? A Oppcln, l'exploitation communale de la briquetterie donne un bénéfice annuel de rn,500 marks. Dernicrement, à Dortmund, les patrons briquetiers s'étaient syndiqués pour élever les prix de leurs produits. A cette manœune, le conseil communal répondit par un projet de briquettcrie municipale et cc service ctait sur le point d'être organisé, quand les industriels gue la mesure visait mirent les pouces et rétablirent les anciens tarifs de Yente. L'Ave11irsocitzl nous donne un autre exemple de service municipal: celui de la boucherie à Lisbonne. Depuis des années, nous dit-il, l'administration communale de Lisbonne fait en régie l'approvisionnement de Yi.111deaux habitants de la ville. C'est clic gui achcte les bêtes sur pied, qui les fait abattre, après quoi, la Yiandc est remise aux détaillants, qui doi\'Cnt la ,·cndrc au tarif fixé par l'administration. Tout boucher conYaincu d'a\'oir dépasse les tarifs municipaux est immédiatement ré\'oqué de ses fonctions. Parmi les articles de fond parus dans l'Avwir social, nous devons signaler : Ln q11eslio1a1graire, exposé trés clair et très judicieux de l'attitude des divers partis socialistes en cette matière. L'auteur, notre excellent confrère Louis Bertrand, du Parlement belge, y passe en renie les conditions différentes de la propricté terrienne dans les principaux pays, et de la divcrsitc des conditions économiques conclut a la din~rsitc des tactiques à sui\Tc par les partis socialistes respectifs. Il est éYident que là ot'.1la propriété est centralisée entre les mains de quelques milliers de propriétaires seulement, la nationalisation du sol est re.ilisablc. Elle a pour clic, d'une part, le fait économique accompli, de l'autre, la possibilité de grouper autour de cette idée les paysans expropriés. Le socialisme contemporain n'est pas une construction systématique, un rêYe de paradis social cclos dans quelques cerveaux, mais la résultante d'un ensemble de nécessités qui le determincnt. Il doit s'adapter aux faits, non rechercher idéalement un mode d'organisation sociale plus ou moins utopique. Là donc ou la propriété foncière - comme la propricté industrielle - a perdu son caractère d'appropriation directe pour rcYêtir un caractère social; - là ou le divorce entre la terre, possédée par le grand propriétaire oisif, et le travailleur salari.'.: qui la fccondc est un fait accompli, la socialisation de la terre est possible. \'oilà pourquoi en Angleterre la nationalisation du sol est si populaire, que nombre de penseurs la préconisent, sans appartenir au parti socialiste. Mais là oü la propriété morcelée n'a pas encore terminé l'évolution accomplie en Angleterre, là oü le paysan cultiYe son champ, il serait contraire à la fois aux possibilités économiques et aux

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