La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIV- vol 02

REVUE DES REVUES 477 réforme se refroidit. Bien mieux : il ne tarda pas à se convaincre combien il est dangereux de jouer avec le feu. Du parti conservateur se différenciérent peu à peu les disciples de Stœcker, professant graduellement des opinions socialistes de plus en plus inquiétantes, jusqu'au jour ou ils ont ~lépassé Stœcker lui-même et rejeté sa direction en s'affirmant nettement socialistes chrétiens. M. Montanus dit de cc nouveau parti : « Le parti socialiste chrétien, qui est destiné à un remarquable essor, est enfin devenu ce que logiquement il aurait dû être dés sa naissance : un parti socialiste radical que sépare seulement du parti socialiste démocratique sa conception de la mission historique du christianisme originaire, et qui ne le cède_en rien à ce parti démocratique quant :rn radicalisme, dans le domaine politique et social. >> L'Empereur en a conçu une rancune très vive et le gouYernement, dans sa politique de répression, fait peu de différence entre ceux-ci et les socialistes révolutionnaires. Mais ce n'est pas tout: le parti conservateur, même séparé des socialistes chrétiens, est resté un parti agrarien, hostile à la Banque. Il a forcé la main au gouvernement pour faire voter un projet de loi singulièrement dur pour la Bourse, dont les opérations sont soumises à un ensemble de formalités très minutieuses. Devant les embarras que les exagérations antifinancières des conserYateurs lui créaient, le gouvernement impérial s'est tourné du côté des catholiques qui n'ont pas hésité une minute à lui prêter son concours. Et alors, on a assisté à un spectacle étrange: on a vu les mêmes hommes qui, dans toutes les circonstances, proclament leur attachement à la tradition et a la coutume, abandonner leurs revendications fédérales et assurer la rédaction d'un code civil national, l'unification de la législation contre laquelle ses thloriciens n'ont pas assez de mépris. Telle a été la complaisance appottée par le centre catholique allemand dans l'appui prêté à !'Empereur, qu'il a renoncé à combattre le mariage civil, « ce qui, comme le remarque M. Montanus, constituait l'un des chefs principaux de leur programme. » On le Yoit, l'attitude politique des catholiques allemands fait pendant à celle des catholiques français, et les théoriciens peuvent formuler telle ou telle conclusion doctrinale : elle n'engage à rien, l'Église allant toujours ou elle trouve intérêt et profit. * * * Je suis en retard et je m'en excuse, pour souhaiter la bienvenue à une revue éditée par le parti ouvrie1: belge, et qui en est déjà à son quatrième numéro: l'Ave11irsocial. Il me suffira de citer les noms de Louis Bertrand et d'Hector Denis, au nombre de ses rédacteurs, pour signaler l'intérêt que sa lecture présente. Outre des articles de fond, elle publie, sous la rubrique: FaitsSociaux, une masse de renseignements

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