.pG LA REVUE SOCIALISTE après avoir reconnu <lu moins sur certains points la justesse de la théorie de Marx, l'attaquent aujourd'hui avec violence: « On peut encore, terminc-t-il, en combattant la théorie du travail, recueillir à bon marchè les applaudissements éphémères de ceux qui n'ont pas creusé à fond le problème de la Yalcur. Mais on ne tardera pas à s'apercevoir qu'on aura par là seulement fait deux choses: avili sa personne et compromis son parti. » Sévl'.:re, mais juste. * * * Seulement, de ce qu'une rernc catholique française accueille dans ses colonnes des études économiques aux conclusions hardies comme celles de I\1. l'abbé Hohoff, il ne faudrait pas inférer que l'Église, rompant avec ses traditions conservatrices, est près d'adopter une doctrine sociale nouvelle. La politique catholique est faite de contradictions apparentes, sous lesquelles se cache une unitè de ,·ucs et de principes inflexible. Sans renoncer à aucune de ses revendications secrètes et de ses desseins intimes, le parti catholique sait se plier à toutes les exigences, revêtir toutes les formes, et quand il espère tirer profit d'une occasion quelconque, il excelle à rentrer momentanément ses griffcs 1 à modifier son allure doctrinale. De là la diversité des doctrines et des opinions en matière sociale. L'Église peut, à la volonté des circonstances, au gré des événements, se réclamer de toutes les théories et en s'adaptant aux difficultés de l'heure, poursuivre tranquillement son œuvrc. Ainsi, tandis que M. Hohoff faisait cette fière déclaration, le centre allemand, au Reichstag, se départait de son intransigeance et, pour gagner la faveur de Guillaume II, reniait les agrariens, ses alliés d'hier, que dis-je! une partie importante de son armee, car, en Allemagne comme partout, rien ne separc, si cc n'est la religion, le parti catholique du parti conservateur. J\I. Montanus, membre du Reichstag,. raconte, dans le dernier numcro de la Revue politique et parle111e11taire, l s incidents curieux de cette évolution, et les causes qu'il en donne sont intéressantes à connaître. On sait qu'au début de son regnc, Guillaume II fut hanté de preoccupations sociales. Le ràlc de réformateur, de bon tyran, protecteur de son peuple, lui souriait. Il était poussé dans cette voie par le groupe du pasteur Stœckcr, que rien ne séparait tout d'abord du parti conservateur des hobereaux, parti hostile à la propriété mobiliere, son ennemie naturelle, antisémite et agrarien. C'est sous l'influence de ce groupe que fut convoquée la conférence internationale de r890. Mais Guillaume qui comptait, à l'aide de ceux-ci, enrayer les progrè:s du socialisme, fut profondément déçu comme on sait, et devant les progn'.:s croissants de la démocratie socialiste allemande, son zèle pour la
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