REVUE DES REVUES 475 de leurs quantités, mais seulement une manifestation psychique subjectiYe, une excitation, une rnanierc d'être de l'âme»(??) i\il. Hohoff est Allemand et cite surtout les économistes de son pays. Mais les derniers écono1111stcs français ou anglais ne se distinguent pas, depuis une trentaine d'années, des économistes d'outreRhin et, sur le chapitre de la \'aleur diyao-uent dans le même 1·aro-011 > 0 0 burlesque. Stanley Je\'ons, par exemple, dit : « Je suis arrivé à cette opinion que la plupart des hommes ne comprennent pas sous le nom de Valeur des rapports de quantités; il y a dans la \'aleur une estimation et l'expression du désir. ou de l'envie que nous :ivons d'un bien. » Le malheur est qu'on n'estime pas un bien a\'cc son désir et qu'on ne l'achéte pas aYec l'c1wic, si forte soit-cile, de le posséder. - LeroyBeaulieu ne définit pas autrement, quand il écrit, dans son Traité d'Eco11omiepolitiq11e: « L'ordre (!) des Yalcurs est l'ordre des préférences dans l'esprit dC'l'homme(!!). Le dcgn'.: de la Valeur ne correspond pas à l'utilité dans le .sens ordinaire du mot. Bien que d'après cela la \'alcur paraisse ne pouvoir être fixée, clic se meut cependant dans des limites étroites; elle est déterminée par la volonté du vendeur qui veut se défaire de la chose et de l'acheteur qui YCUt acheter la chose : donc par l'offre et la demande. Autrement dit, la Valeur est un mélange de l'intensité du désir et de la difficulté de l'acquisition. » Et quand l'intensité du désir égale la difficulté de l'acquisition, autrement dit, quand l'offre et la demande s'équilibrent, oü est l'élément constitutif de la Valeur? Un professeur allemand, cité p:tr Hohoff, confesse que tout cela ne veut rien dire. Et cependant, dit-il tristement, << dans presque chaque li\'rC d'économie politique, il est écrit que la V:ileur est la conception fondamentale, qu'il faut avant tout avoir une conception juste de la Valeur. » M. Hohoff signale le vide de ces définitions tautologiques et met en regard clc ce pathos bizarre l'analyse lumineuse de Marx avec sa conclusion, a savoir, que la Valeur est l'expres-sion des rapports quantitatifs des marchandises, ramenées à un étalon clc mensuration uni\'ersel, qui est le travail. « La Valeur, dit I\l. Hohoff, n'est pas autre chose que l'expression du travail humain objective, socialement nécessaire à quelque chose ». Destutt de Tracy, Ricardo, Germain Garnier, Carey, Rogers, Sismondi, et en général les fondateurs de l'économie politique dans la prcmiére moitié <lu siècle en convenaient : le tranil est la source de toute richesse, partant le commun dénominateur des marchandises, l'unité de \'alcur a laquelle toutes les marchandises pcu\'ent se ramener. Mais les économistes officiels qui suivirent avaient moins pour objet d'analyser les phénomènes économiques dans leur essence que de légitimer les rapports sociaux qu'ils créent. La conclusion de notre auteur vaut d'être méditée par ceux qui, comme M. de !vlun,
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