• 1 ON DÉPOT DE ~1E:'.'-<DICITÉ 37 développée forme une Yéritablc pépinière d'employés inférieurs trcs peu intelligents, mais tenaces, pcrséYérants, réguliers comme des machines, puis rogues et menaçants Yis-à-vis des inférieurs, sur lesquels ils se vengent de toutes les annics que leur valent leurs minimes capacités. Enfin, la troisième catégorie de fonctionnaires est celle des ex-sous-officiers. D'éminents auteurs ont dit cc que faisait de la moyenne générale des engagés volontaires le régime militariste en usage dans les casernes. C'est cet être qui a été transporté de toutes picces dans la vie civile. Il y sent a chaque heure de la journée sa valeur réelle; son caractère s'aigrit et, dans le cas particulier qui nous occupe, c'est le colon qui supporte toute cette colérc. Je n'ai rien exagéré dans les remarques qui précèdent, je n'ai fait que portraiturer quelques classes de ces employés qui forment aujourd'hui l'administration, fruits nécessaires et inéluctables de cc que les anciennes écoles politiques appelaient l'État, élément dont clics essayent de faire, aux yeux des ignorants et des naïfs, le pivot des créations socialistes. En confondant ainsi, a la faveur d'une appellation commune, deux choses essentiellement différentes, clics ont espéré reverser sur les doctrines socialistes tout l'odieux. de leurs œuvrcs et de leurs actes. Aux propagandistes du socialisme à déjouer cette tactique. 13 Décembre. En fait de précautions hygiéniques, je ne me souviens <l'avoir rencontré ici que le bain pris le jour de mon arrivée. Une méchante cahute exiguë est mise le matin a la disposition de ceux qui désirent se laver. C'est a peine si ùn cent d'hommes peuvent y tenir. Ce lavoir primitif fonctionne pendant une heure. Sur quinze cents colons, deux cents à peine se lavent chaque jour, d'autres n'y vont qu'une fois par semaine. On m'en montre qui n'y mettent jamais les pieds. Il n'y a aucune obligation de soins corporels, ni aucune prescription réglementaire qui tende à contraindre à la propreté la plus élémentaire une population dont la majorité n'en est malheureusement que trop écartée. Le couchage est tout aussi pitoyable. La moitié des colons n'ont pour dormir qu'une paillasse étalée par terre et des couvertures remplies de vermine. Les dortoirs les mieux établis donnent par homme douze métres cubes d'air pour un séjour de quatorze heures et encore n'ai-je point compté l'air vicié par deux baquets faisant fonctions de waterclosets et qui, en raison du nombre des colons et de la durée de leur séjour au dortoir, peuvent être cons_idérés comme ouverts pendant sept heures sur quatorze. La ventilation énergique de la journée ne parvient
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==