La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIV- vol 02

LA REVUE SOCIALISTE UN DÉPOT DE MENDICITÉ· (SUITE ET FIN) 12 Décembre. Je Yicns de décrire la foule que j'ai rencontrée ici. Réunie dans cet établissement, clic y subit un traitement dû au régime de l'endroit. Je désire vous en faire connaître les principaux éléments, les organes essentiels, vous indiquer leur action et l'apprécier. Laissez-moi donc Yous présenter d'abord le personnel. Si je me place dans la conception du ministre auteur de la loi, même en tenant compte des déformations ducs aux parlementaires, je crois devoir rencontrer à la tête de cet établissement un personnel capable, c'està-dire une seric de fonctionnaires possédant une dose suffisante d'intuition psychologique et de connaissances morales pour imprimer à tous ces caractcrcs déformés une modification bienfaisante. L'absence de ces conditions essentielles est la plus grande des désillusions de l'observateur, qui recherche jusqu'à quel point cet asile remplit la mission qui lui est assignée. Le directeur, officier retraite, n'a jamais peut-être songé aux multiples connaissances qu'exigeaient ses fonctions délicates entre toutes. Il s'est rejeté sur l'élément bureaucratique et a retenu de '-On premier métier l'emploi de la force et des châtiments comme seul moyen de persuasion. Le petit personnel complète le cadre dans le sens inauguré par la direction. On y retrouve trois provenances diverses. D'abord les gens du pays, dont j'ai déjà indiqué les prétentions, l'hostilité pour les colons et la bizarre conception du rôle de la colonie. Pour eux l'emploi est une sinécure où tout dérangement de la part d'un supérieur se répercute sur l'inférieur et sur le détenu sous forme de mauvais procédés de tous genres. Ensuite se présentent des employés issus des régions peu fertiles du pays où l'instruction primaire très

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