La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIV- vol 02

LE MÉTROPOLITAIN 457 a mis trois ans à faire les 1,700 mctrcs souterrains du chemin de fer de Sceaux, il en faudrait sept pour les 4 kilomètres de la transYcrs1le nord-sud ( de la gare du Nord ou de l'Est à la gare Montparnasse) à moins d'interrompre la circulation partout à la fois. On aboutit à une ' impossibilité. Les grandes Compagnies voulaient, veulent encore - témoin la dernière tentative de la compagnie d'Orléans - exécuter le Métropolitain souterrain, mais à petites doses; elles ne proposent plus de se charger de la partie centrale avant ]'Exposition, sachant que le temps leur ferait défaut. Elles n'ont pas reculé devant la dépense, mais leur concession devait être limitée à cette partie centrale, dont le produit aurait suffi certainement à rémunérer le capital engagé. Elles laissaient :\. h ville de Paris les lignes les moins productives, les plus longues, les plus utiles, celles qui doivent entrer nécessairement dans un projet de Métropolitain complet et rationnel. Le Conseil municipal a donc adopté le système aérien. Il se trouvait placé dans la situation suivante: ou ne rien entreprendre du tout, ou faire un Métropolitain qui puisse donner satisfaction à l'ensemble de la population parisienne; ou ajourner indéfiniment un travail dont l'urgence est reconnue, ou l'exécuter de la seule manière facile, économique et rapide. Il serait excessif d'affirmer que la construction en souterrain, sur tout le parcours, est impraticable; lllais clle·exposerait la Ville de Paris à des risques financiers qu'il Yaut 1~~icuxéviter. On trouve à l'étranger des précédents qui devraient arnir pour nous force de loi : le Métropolitain aérieu de Berlin donne 4,4ro,ooo voyageurs au kilomltre, le Métropolitain aérien de New-York, 3,810,000; le Metropolitain souterrain de Londres n'en donne que 780,000. Retenons ces chiffres empruntés aux ingénieurs de la Ville; ils rendent toute autre démonstration superflue. Comme il est certain que l'écart énorme entre les rendements provient des commodités différentes de la locomotion, il est certain aussi que le nombre des voyageurs parisiens serait sensiblement égal :\.celui de Londres, aYec le système souterrain; et alors le revenu serait intérieur à la dépense. D'autre part, avec le système aérien et pour le ré:;eau pré\'U d'une quarantaine de kilomètres, le nombre des Yoyageurs parisiens fùt-il inférieur de moitié à celLÜde ~erlin ou de New-York, que le revenu couvrirait lar(J'ement b dé,:ense et laisserait encore à la Ville de gros t, l ~ bénéfices. • Les raisons gui font préférer la construction aérienne à la cons- • truction souterraine entrainent l'adoption de la voie étroite sur la plus grande partie du réseau; pour diminuer la dépense, pour agir avec

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