LA REVUE SOCIALISTE de faire encore, bien que la situation soit plus compromise que jamais par l'indifférence des uns et la mauYaise foi des autres. * * * JI est inutile aussi de refaire l'historique du Mctropolitain, tellement le s11jetest connu et résolu dans l'esprit de tous les Parisiens. Je ne \'CllX ici que rappeler certains principes sur lesquels le Conseil municipal s'est appuyé dans sa dernii:re délibération, et de l'adoption desquels dépend le succés de l'entreprise. Il s'agit du mode d'exécution. Souterrain ou aérien? Voie normale ou voie étroite? La supériorité du systcme aérien a été reconnue, proclamée; clic parait évidente; clic tient à des causes multiples. La prcmii:rc de toutes est l'économie. Pour le même parcours, la d<'.-pcnscserait infiniment moindre; la diff<'.-rcnccva du simple au quintuple, sans qu'il soit possible de l'<'.-valuer d'une manii:rc exacte dans un dcYis. On sait du moins, par les traYaux accomplis dans Paris, pour a\·ancer jusqu'à la place Médicis la tête de ligne du chemin de fer de Scca'ux, que le kilometrc de souterrain reyicnt à 5 millions au minimum (chiffre donné par les Compagnies, mais pour le moment incontrôlable); mais on se trouvait dans des conditions extrêmement favorables, et personne ne peut pr6YOirà quels mécomptes on aboutirait, si l'on s'avisait de faire passer un chemin de fer souterrain dans le centre de Paris, par exemple, dans l'axe du houleYard Sébastopol. La dépense serait quelconque, étant donné que les difficultés naîtraient à chaque pas. Voici l'opinion irrécusable d'un ingénieur des ponts et chaussecs, i\I. Martin, cnvoye en mission ù Londres en 1884 : « Nous avons été mis en rapport, dit-il, aYcc les ingfoicurs anglais chargés de l'execucntion et du con trole des traYaux; nous ayons ,·u les mesures prises, pour reduirc, autant que faire se peut, les entraYcs apportées ù la vie industrielle et commerciale de cc quarti<'r populeux ... Tout impuissantes qu'clics fussent, elles ont entrainé la Compagnie dans des dépenses exagerées (25 millions pour les travaux, 25 millions pour les indemnités aux propriétaires, sur une longueur de 1,098 mètres).» Mais la dépense ne serait rien auprés de la perturbation apportée au commerce, i l'industrie, ù la vie sociale tout entière, par des travaux dont personne ne pourrait fixer d'a\•ancc la durée. Les habitants du boulevard Saint-Michel se sont plaints, avec raison, d'avoir été troublés pendant trois ans, bien que les commerçants soient rares parmi eux; pour les habitants du bouleYard Sébastopol, des grands boulevards, du centre de Paris, qui le sont presque tous, ce serait la ruine; si l'on
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