La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIV- vol 02

LE MÉTROPOLITAIX 455 LE MÉTROPOLITAIN Les fêtes russes ont fourni une fois de plus l'occasion de vérifier cet adage, que Paris est la ville du monde la plus mal aménagée au point de vue des transports en commun, de même que pour tous les grands serYices publics. Personne ne songe à le nier, ni les ministres qui, dans leurs projets de concession aux grandes Compagnies, ont toujours dissimulé leurs louches combinaisons derrière l'intérêt évident de la population, ni les conseils municipaux successifs où, depuis vingt-cinq ans, quelques aigrefins au service de la compagnie des Omnibus n'ont pu, maigre toute leur habileté, faire b·incer cette question, qui reYiendra fatalement, au moins une fois par an, jusqu'à solution complète. Quant à la population clic-même, elle ne cesse de réclamer, de protester, d'adresser des mises en demeure à ceux qui sont censés la représenter, qui, en réalité, sont des jouets entre les mains des ministres, des prcfcts et surtout des financiers. Elle proteste avec un ensemble parfait, comme, par exemple, au commencement de 1896, pendant la période électorale municipale: presque tous les candidats, aux applaudissements de leurs futurs électeurs, se sont déclarés partisans du Mctropolitain; il n'en est peut-être pas un seul qui ait osé le combattre ouYertement. Avant les clcctions, un projet avait été voté, i la presque unanimité du conseil renouvelable: depuis les élections, c'està-dire depuis six mois, aucun des nouveaux élus n'en a parlé. Et cependant, le ministre des travaux publics actuel se prépare à livrer à la compagnie d'Orléans une ligne de pénétration dans Paris, qui rendra caduc tout le travail anterieurement fait à l'Hètel-de-Ville. Le conseil était en vacances, ce n'est qG'un simple retard, dira-t-on.- A quoi nous répondrons qu'il a trouvé le moyen de se réunir, pour autoriser son bureau à dépenser des millions dans la mascarade francorusse, qu'il eùt pu tout aussi bien prendre des mesures immédiates dans l'intérêt de la ville, pour empêcher les grandes Compagnies d'accaparer le Mctropolitain. Mais le temps presse, toute discussion rétrospective serait oiseuse, dans un article qui n'a pour objet que d'indiquer ce qu'il est possible

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