XOUVELLE INTERPRÉTATION DE PHÉNOMÈNES SOCIOLOGIQUES 44 3 A l'encontre de l'opinion banale qui YOit.une harmonie entre le déYeloppemcnt social et le dcvcloppcmcnt littéraire, nous voyons la littérature et l'art atteindre leur point culminant aux cpoqucs de dissolution civilisatrice et sociale. D'après notre théorie, cc contraste dcYicnt facilement explicable. La littérature et l'art se dcYcloppent sous l'influence des indiYidus indifffrenciés, la société, au contraire, est d'autant plus parfaite que ses membres sont plus spécialisés. Quant à la science, pour autant qü'ellc fut le résultat de la pensée intuitiYe, personnelle, clic aussi se dcvcloppait dans ces époques de dccadcncc sociale. Ainsi par exemple la science de la Grèce ou de la Renaissance. Mais, plus tard, quand elle devient <le plus en plus un processus socid, la manifestation de la pensée différenciée, logique, clic se déYeloppc - au moins dans ses processus préparatoires - par l'accumulation des matériaux, dans les périodes d'évolution sociale paisible, organique. Dans cc domaine on peut donc plutôt trouver un certain parallélisme entre son déYeloppement et celui de la société en général. Les applications techniques de la science, basées sur la diYision du travail et qui conduisent au bien-être matériel, progressent aussi plus facilement dans ces cpoqucs tranquilles. Mais les grandes hypothèses scientifiques et les vastes généralisations de la science éclosent som·cnt indcpcndammcnt du déYcloppcmcnt social. Le bonheur de la foule, l'augmentation de son bien-être ont lieu dans les cpoqucs de déperdition pour l'indiYidu, de rctrccissc1:nent de son âme, de sa spécialisation. Il existe donc jusqu'à un certain point une sorte d'antagonisme entre le déYcloppemcnt individuel et le développement social. L'éYolution sociale extermine les individus de génie et laisse subsister le rebut anthropologique de l'humanité : individus aux cerveaux toujours plus petits, aux aptitudes plus étroites. Le bien-être de ces individus, leur sentiment de justice - c'est-à-dire la perfection des formes sociales, - leur intelligence - c'est-à-dire l'adaptation des processus de l'esprit à la régularité des phénomènes sociaux bases sur la division <lu tra\'ail - et la quantité de connaissances qui leur sont suggérées d'une façon hypnotique peuvent en même temps s'accroître. En un mot : l'évolution sociale enrichit la pensée logique, passive, mais affaiblit la pensée , créatrice, spontanée ; clic augmente le bien-être matériel mais rabaisse le matériel anthropologique de l'humanité. Cette influence déprimante de l'évolution sociale sur l'i'ndividu apparaît d'une façon éclatante chez la femme. Toutes les données démontrent qu'à l'origine, dans les temps préhistoriques et même au commencement de la civilisation historique, elle ne différait pas autant de l'homme qu'aujourd'hui, ni sous le rapport de l'énergie, ni sous celui de l'originalité, du talent et des dimensions du cerveau. Nous ne
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