La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIV- vol 02

LA REVUE SOCIALISTE disscrninccs dans diverses cpoques en se rencontrant par hasard.avec les temps d'cvolution sociale normale; mais en en restant indépendantes. D'un autre côté, toute la partie méthodique, vérificative de la science, se développe déja indubitablement sous l'influence de l'évolution sociale : clic en est un corrollaire naturel. Tout cela demande donc une analyse très délicate et non l'affirmation brutale que ces phénomènes - littcraturc, art, philosophie, science - sont une conscqucncc de l'c\'olution sociale. C'est une psychologie de Yctérinaire ! Sous ces rcserYcs, on peut affirmer que toutes les grandes époques de la littérature et de l'art (e11 partie aussi de la philosophie et de la science) furent des cpoques de crise sociale, alors que les Yicilles formes morales et matèricllcs se brisaient et s'émiettaient. Une esquisse, très courte du reste, nous en convaincra. La grande époque de la littèraturc, de l'art et de la philosophie grecque, fut le siècle de Périclès, d'Aspasic, d'Alcibialdc, siècle d'immoralité et de scepticisme, avec une foule empoisonnant ses philosophes libérés de la vieille foi. N'~st-ce. pas une chose étonnante que les temps les plus brillants de la littérature romaine coïncident, non avec le règne de la wrtu (sous la République), mais avec l'époque de sa décadence, au temps d'OYide et de Pétrone? C'est déja le temps oü toute l'ancienne économie romaine, basée sur l'esclavage, est profondcmcnt cbranlee, comme nous l'attestent les soulb·cmcnts des esclaves. Suit le Moyen-Age. Saint-Simon, dans son indignation contre les âges critiques, dirigeait avec complais:mcc sa pcnsèe sur cette époque, car ici un idéal commun embrasait tous les esprits, alors qu'une discipline spirituelle et morale, telle que l'histoire n'en a jamais Yu ni a\'ant ni dès lors, dominait sous l'égide du Pape. C'est l'idéal d'une époque organique, l'individu pliant sous le faix des entraYes sociales, morales, rnatcricllcs et n'existant qu'autant qu'il se rattachait a une caste, a un ordre, oui une confrcric. Or, cette époque est justement cclèbre par sa pauncté philosophique et scientifique; c'est le temps de la barbarie et de l'obscurantisme; quant a l'art et i la littcf-ature, on peut ici appliquer les rcscrYcs que nous ayons faites plus haut; mais, d'un aL)trc côté, il faut reconnaitre que beaucoup d'œuHCS d'art rattachées habituellement au Moyen-Age, appartiennent plutôt aux commencements de l'cpoquc suivante (r). Et quand est-cc que les sciences époque de defaite de l'individu et de la prcdominance de l'induction. Ainsi les deux méthodes - b déduction et l'induction - sont non seulement « deux modes de procéder de l'esprit humain », comme le veut h logique courante, mais aussi le reflet de l'antagonisme qui existe entre l'individu et la foule. La science tâche de les concilier et demande leur concours harmonieux. (t) Ainsi le grand mou,·ement litteraire et artistique de la France des douzième et treizième siècles, dans lequel ~I. Gebhart trouve les véritables « origines de la Renaissance». Il est important de remarquer - au point de vue de notre theorie - que ce

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