LA RE\'UE SOCIALISTE ceux même des Polynésiennes (r) et pourtant la somme des connaissances de la premicre est infiniment plus considérable que celle de la dernière. La Parisienne, cette fine fleur de la ciYilisation, en a assimile tous h:s n'.:sultats, et a un cerveau plus petit que l'être le plus inférieur d.111s l\:chcllc des races humaines. Cc gui augmente aYcc k cours de la civilisation, c'est la force p,1ssin~, assimilatrice de la pensée; cc qui diminue, c'est sa force spontanée, originale et intuitiYe, capable de dccouvrir de nouveaux horizons de l'existence. Le génie consiste justement, non dans la capacité d'accumuler une quantité plus grandes de connaissances, mais dans l.1 capacitc de généraliser, de créer, d'émettre des idées nouvelles. Prenons trois représentants des différentes espèces animales, un oiseau, un chien, un homme sam·agc, élcYés plus ou moins dans les mêmes conditions, au sein de la nature; en regardant le même objet ils y verront des cotés et des qualités différentes : l'homme ceux qui sont inacœssiblcs au chien; le chien, ceux qui le sont pour l'oiseau. Chaque espèce nouvelle l'.;largit la conception du monde et y voit de nou,·caux càtt:s. Les limites de la connaissance s'étendent avec les dimensions du cerveau et la perfection des sens. Dans l'humanité apparaissent justement de temps en temps des indiYidus ayant des cerYeaux plus puissants qui Yoient dans les choses des côtes et des rapports inaccessibles au reste de l'humanité. La statistique nous dt:montre que les ccrYcaux des hommes de gcnie sont en moyenne plus grands que ceux des autres mortels (2). Ils sont habituellement écrases par la foule bien organisée qui les entoure, et l'unique trace qu'ils laissent après eux cc sont les idccs nouvelles qu'ils ont pro- .clamccs, les nom·caux cotés de l'existence qu'ils ont decouYerts. Ces inYentions et décom·crtes sont hypnotiquemcnt acceptées et assimilées par la société. 1Iais en même temps que la somme des connaissances dont elle dispose s'accroît, son type biologique peut s'abaisser. Pour être cellule sociale, il ne faut pas représenter des capacités puissantes : il suffit de savoir exccuter une petite opération mccaniquc. On sait a (1) Le \'Olumc moyen du cerveau de la Parisienne actuelle est de I,33ï c. c., celui de la Polynésienne, 1,381 c. c. Voici quelques autres données pour la capacité crânienne de la femme en France, selon Broca : Crânes de la caverne Homme Mort . I.SOï c. c. (maxim) des habitants de 1., G.rnlc. . I,45ï dé l'époque mérOYingienne. . 1,3ï8 - des Parisiennes contemporaines I. 33 ï - Ces données ne sont bonnes que pour donner une idée générale des phénomènes. Pour de, données plus strictes, YOir le :\lémoire de M. Le Bon ;\ cc sujet, et son ouvrage L' Hommt tl les Sociétés, , •. II. Il faut ajouter que la valéur d'un cerveau ne doit pas sans doute se mesurer uni,1ucment au poids. (2) Un cerveau moyen pcsc 49 oncés 1/2 (homme) et 44 onces (femme); celui de Gauss pesait 52,6, de \\'cbster 53.5, de CuYier 62,5, etc.
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