La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIV- vol 02

LA REVUE SOCIALISTE araué au moins dans un grand nombre de cas, de l'absence de faute ::, , ~ et du cas fortuit échappant à toute pn'.:Yoyancc ou a toute précaution. La responsabilité, telle qu'elle est établie par l'artic1c r385, ne résulte pas de la faute, mais seulement de la possession. Quant au cas fortuit, il doit être prén1 comme la conséquence même de l'accumulation, de la compression et de l'emploi des forces physiques, mécaniques ou explosin•s. Si on ne peut detcrmincr le moment précis et la circonstance où l'accident se produira, on doit prévoir qu'il se produira, parce qu'il est en quelque sorte fatal qu'il se produise. Ce qui est <le l'impn'.:Yoyancc, c'est d'écarter cette probabilité, alors que l'expérience l'affirme. On doit le prévoir, parce que l'usure est pour toutes les choses existantes, actives ou inertes, une loi fatale et que, a moins de changer l'outillage, les appareils, les moteurs tous les jours, aprcs essai préalable, on doit s'attendre a cc que cette usure produise a un moment quelconque et inattendu ses effets accidentels. Comme il serait utopique <leréclamer une telle précaution rendant la pratique industrielle impossible, il faut donc que l'exploiteur de machinisme sache bien qu'il a toujours l'accident à redouter et que, s'il y expose ceux qu'il emploie, c'est à la condition de les dédommager le jour où il surYiendra. L'accident ou risque n'est pas seulement le fait des choses, je l'ai déjà dit: il peut coïncider aYcc le fait de l'homme qui semble alors en être la cause ou l'auteur. Mais cc n'est là qu'une apparence. L'homme n'est pas fait organiquement, physiologiquement, pour servir de collaborateur aux machines, pas plus que pour voler dans l'air ou nager dans l'eau. Cc n'est là ni sa fonction, ni sa destinée naturelles. Grâce a sa rnerYcillcusc plasticité, il peut, par éducation, entrainement et habitude, se Youcr à tous ces exercices, étant muni d'appareils propices, et y parvenir a une sorte de perfection. Mais quelle que puisse être celle-ci, il n'en reste pas moins soumis aux lois de sa nature qu'on ne peut lui reprocher comme une faute <le subir. Quoique capable d'une dextérité de main, d'une justesse de coup d'œil rendues certaines par l'exercice d'une tension de nie ou d'esprit permanente et longue, il peut pourtant avoir un moment de trouble dans la Yuc, dans la pensée, dans la main, dans le mouvement, sous des influences internes ou extérieures, dont il n'est pas maître et dont il est souYcnt inconscient. Si cc trouble se produisait pendant qu'il chasse, qu'il pêche, qu'il bêche, qu'il scmc, qu'il rabote, qu'il coud, qu'il martelle, le mal ne serait pas grand. Il en serait quitte pour un instant d'arrêt ou peut-être quelques points a défaire, une çraflure à effacer. Mais si cc trouble, ·causé parfois par la fatigue sous l'une de ses diverses formes, sur\'icnt pendant qu'il conduit une locomotive et passe devant un c\isquc indi-

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