.p8 LA REVUE SOCIALISTE un temps plus ou moins long, constaté par les statistiques spéciales. Comm..: en définitiYc ces industries n'ont pour but que d'obtenir un produit plus ou moins utile, dans des conditions plus avantageuses pour l'entrepreneur, clics dcnaient être interdites purement et simplement après la constatation de leur nocuité, et tant qu'il n'aurait pas lté dècouYcrt et expérimenté des procldés capables d'en faire dispar.litre d'une façon certaine les inconvénients. Si cette interdiction était prononcée et rigoureusement appliquée, on verrait Yitc s'accomplir dans ces industries dc.!s progrès rendant le travail inoffensif, auxquels les entrepreneurs n'ont pas a songer, puisqu'ils réalisent des bénéfices aYec les procédés actuels, si nuisibles qu'ils soient, et puisque les Yictimcs ne pcuYcnt m~mc espérer obtenir un dédommagement a\·cc la loi sur le risque professionnel. Il existe un laboratoire municipal qui a fait une guerre impitoyable, 11011 pas seulement au Yin naimcnt falsifié pouvant être nuisible a la santé publique, mais encore au vin trop faible en alcool ou à la boisson faite avec des raisins secs; qui l'a faite depuis au lait• naturel, mais trop peu riche en beurre, a son avis, comme au chocolat \'an Houten rendu fusible par une insignifiante addition de soude. Au lieu <le poursuiwc devant la police correctionnelle les Yendcurs de ces produits qui ne font de mal à personne, ne ferait-il pas mieux de dcnoncer les industriels dont les procédcs entraînent fatalement des maladies affreuses, lentes et mortelles, et d'en faire poursuivre les entrepreneurs pour empoisonnement - car c'en est un - exercé sur des centaines de personnes? L'individu qui donnerait chaque jour à quelque parente dont il doit hériter un demi-milligramme d'un alcaloïde dcYant aYoir pour effet d'amener à la longue une lésion de fonction organique, pulmonaire, cardiaque ou cérébrale, serait certainement poursuivi et condamné pour empoisonnement, si sa manœuvre était prouvée'. Est-ce parce que l'entrepreneur réalise des bcnéfices quotidiens au lieu d'attendre la réalisation d'un héritage éventuel et parce qu'il opère sur trente, quarante, cent personnes et plus, au lieu d'agir sur une seule, sachant quelles seront les conséq ucnccs du milieu dans lequel il place ses ouHiers et ses ouvrières, des vapeurs et gaz qu'il leur fait respirer, qu'il est moins coupable? et surtout qu'il est moins responsable? Il y a une loi protectrice des animaux qui veille a\·ec sollicitude sur les chevaux poussifs; mais il n'y en a pas pour les êtres humains agglomcrés dans des ateliers où les agents chimiques employés inoculent aux employcs la phtisie ou la néYrose ! Il y a des lois et des règlements protecteurs de la propriété qui contraignent l'industriel :i dérnrer sa fumée ou à l'cnYoyer assez haut pour qu'elle ne puisse maculer les façades des propriétaires Yoisins ou causer à leurs locataires
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==