La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIV- vol 02

LE RISQUE PROFESSIONNEL telligence et.\ l'adresse ingénieuse de l'hommè, les dangers qu'elles présentent sont réduits à un chiffre proportionnellement assez faible, exception faite de:; travaux de mines, - ce qui entraîne tant d'ouvriers à les accepter. Mais, si restreint que soit le danger, par rapport au . nombre des ouvriers et à celui des journées de. travail, le patron ne s'y expose jamais; et c'est lui qui perçoit les bénéfices de l'entreprise. Et, comme je viens de le dire plus haut, s'il y a imprudence pour l'ounicr à se placer dans des conditions dangereuses, cette imprudence est tout d'abord le fait du patron qui l'y envoie et qui bénéficie du traYail sans en courir le risque. C'est une considération qu'ont fait valoir des avocats et que les juges ont, dans certains cas, fini par admettre. Ainsi s'est formee une jurisprudence explicative ou extensive du principe de la responsabilité pouvant ètre aujourd'hui invoquée comme argument par les avocats, mais qui a varié suivant les j ugcs et devait fatalement varier puisque l'interpn'.:tation officielle du texte de l'art. I 382 reste différente du principe de droit gu'il énonce. On vient de voir cc que sont les risques des professions dange, reuses dans l'ancienne forme de travail. Mais les modes et moyens techniques se sont transformés. Et c'est maintenant bien autre chose. Dans la forme nouvelle du travail l'homme n'est, le plus souvent, qu'un agent plus ou moins automatique, serviteur des forces chimiques, phy-siques ou mécaniques, captées paru; machinisme dont il n'est pas• et ne peut être le maitre et qui peut le broyer à tout instant. Ce machinisme est assez ingénieusement agencé pour être dirigé par l'homme, accéléré, ralenti, arrêté par la pression d'un bouton ou d'une manivelle. Pourtant il est des moments et des circonstances où les forces captées, emprisonnées, se révoltent ou agissent comme si elles se révohaient, brisent les parois qui les enferment et les compriment, et s'échappent en faisant sentir leur puissance destructrice, brisant les choses et mutilant les êtres. Ce sont là les.risques d'une entreprise et d'une profession. Ces risques sont de deux ordres qu'il faut bien distinguer parce que, différents de nature, ils relévent de deux législations différentes. Aussi a ce point de vue, et à considérer les ouvriers qui les exercent, peut-on diviser les professions ou industries en deux grandes catégories : les industries nuisibles et meurtriéres et les ·industries dangereuses. Les industries nuisibles sont celles qui par la nature des agents chimiques qui y sont employés, des ingrédients qu'on y manipule, des poussiéres, odeurs ou vapeurs qu'on y respire ou des exercices qu'on y doit faire, déterminent des destructions organiques, des maladies identiques et certaines, entrainant fatalement la mort dans

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