LA REVUE SOCIALISTE des exercices de gymnasiarq ucs, dans leq ucl doit fatalement arri \"Cr l'accident à un moment et dans une circonstance qu'on ne peut préYoir à l'ayan.:e. Il suffit d'un clou usé à la chaussure du charpentier, d'une tuile qui glisse sous le pied du councur, d'une pierre échappant au rouleau ou de trois ou quatre ccntimétrcs de porte-à-faux d'une planche d'échafaudage où se trouYc l'appareilleur, pour déterminer l'accident. Dans tous ces cas et d'autres semblables, la faute ne pouYait être rclCYée contre le patron qui aYait pris toutes les précautions d'usage, et quoiqu'elle ne fùt pas réellement celle de l'ouvrier, elle lui était attribuée, comme s'il eût été coupable d'une imprudence, d'une maladresse ou d'une négligence. Coupable d'une imprudence, il l'était, comme le voyageur qui monte en chemin de fer, le marin qui monte dans un bateau, le cavalier qur enfourche un cheval ou le porteur de dépêche qui monte à bicyclette, alors qu'il est certain qu'il peut y aYoir deraillemcnt, rupture de f1cin ou d'attelage (sans parler des collisions, tempêtes et cyclones), et que l'expérience a démontré que le plus habile caYalier peut être démonté par sa bête et le plus adroit cycliste renversé de sa machine. Mais l'imprudence qui consiste à se placer dans une condition particulièrement dangereuse est partagée par le patron, par l'employeur; car celui-ci ne peut ignorer que malgré toutes les précautions prises, une circonstance légère, irnprén1c, telle que la pelure d'ognon sous les pieds des piétons, peut entrainer l'accident qui, à raison de la condition anormale où se trouve l'ounier, peut se changer en catastrophe. Quand on a ,·u des gymnasiarques se lancer d'un trapèze à un au1rc d'un bout.\ l'autre d'un cirque, ou se jeter un enfant comme une balle, on peut se dire que rien n'est impossible à l'homme. !\lais il ne s'ensuit pas que cc qui est possible ne soit pas dangereux. Pour cent, deux cents, six cents fois que l'on évite le danger ou qu'on lui échappe, il arriYc une fois où l'on en est Yictimc. Et il ne faut pas s'(·tonncr alors que l'accident soit arrivé. Cc qui doit étonner, c'est qu'il n'arri,·c pas plus souvent. J'ai traYaillé dans des chantiers de constructions et comme décorateur dans des édifices, et je n'ai pas vu que cc soit dans des circonstances où les précautions étaient les moins bien prises et où les hommes ctaicnt le plus imprudents que l'accident se produisait. J'ai YU juste le contraire, cc qui ne ,·eut pas dire que l'imprudence et l'absence de précautions soient les plus sùrs moyens d'éviter les accidents, mais seulement que l'accident est le plus souYcnt le résultat de circonstances qui, isolées, seraient inoffensives et qui, rcunics par le hasard, deYicnncnt fatales. Les professions dangereuses sont utiles, et en outre, grùcc à l'in-
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