La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIV- vol 02

LA REVUE SOCIALISTE choses. Nos ad\·crsaircs s'illusionnent, s'ils comptent le retenir ou le reconqucrir. Ils pcuYcnt être sûrs, au reste, que nous ne négligerons rien pour déjouer leur plan, et quelques mots suffisent pour le jeter à bas. Imaginez que le principal de l'irnpèt foncier soit supprime : les centimes dt':partcmcntaux et communaux subsistent. Vous n'ayez donc pas rétabli l'<-galitc fiscale dans celle de nos contributions qui intéresse spt':cialement l'agriculteur. Vous n'anz pas non plus rcnrnnit': nos autres impots directs : portes et fenêtres, personnel mobilier, dont l'assiette est dt':plorablemcnt Yicicusc et que Yous dcfendcz a,·cc sollicitude, à l'encontre des intcrèts des traYailleurs ruraux. En affectant à \'Otre prétendue réforme cent millions ou plus des recettes du monopole, Yous êtes fon.:cs de maintenir, de consolider cent millions de contributions indirectes notoirement progressives à rebours, et cela pour substituer :\ un progres réel une apparence de changement. \'ous aurez donc ajouté cent millions d'impôts indirects qui pcscront toujours sur les petits, et en particulier sur les traYailleurs des champs; YOUs laisserez intacte l'organisation de nos contributions directes, Yous n'aurez obtenu qu'un seul résultat et peut-être est-ce bien celui oü Yous Yiscz : Yous aurez remis aux grands proprit':taircs fonciers leur quote-part de taxe et par là détruit jusqu'au semblant d'équilibre que par un prodige d'erreur vous vous obstiniez à discerner dans notre économie fiscale. Ah! l'œuvrc serait belle! Cc n'est pas par de semblables procédés ni par une casuistique aussi honteuse, Monsieur Rcinach, que YOUs barrerez la route« des cc soir», comme YOus l'annoncez fü:rement, - à l'impot personnd et progressif. Au contraire, chacune des fausses manœunes de \'OS amis - qu'ils s'appellent Ribot ou Cochcry - avance l'ccht':ancc de la transformation financière totale, et, au fond, ne Yoycz-Yous pas que son heure est YCnuc? V La réforme des contributions indirectes et la réforme des· contributions directes doiYent se suffire chacune à soi-même, et rester nettement scparecs. Le monopole de l'alcool d'une part, l'imposition personnelle et progrcssiYc de l'autre, telles sont, à nos yeux, les solutions inéluctables du prcsent. Nous l'aYons dit au début de cet article : cc ne sont point des panacées sociales que nous présentons. La taxe sur le capital et le revenu ne remédiera en rien aux Yices fondamentaux de l'ordre capitaliste, et laissant subsister l'exploitation du prolétariat par le machinisme industriel, elle n'atteindra point l'infrastructure du

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