LA REVUE SOCIALISTE rebours. L'organisation nouvelle de cet impôt n'augmentera point, dit-on, le contingent fiscal qui incombe déjà au tranilleur urbain ou rural : soit. i\!ais serait-il légitime de contester l'application des ressources du monopole - contribution indirecte - à l'allègement des autres contributions indirectes ? Imaginez que cent millions des recettes nouvelles, au lieu d'aller à l'atténuation des droits de timbre et d'enregistrement, par exemple, ou des droits connexes, servent à la suppression de la contribution foncière. La quote-part, si réduite déjà de l'impôt direct dans notre organisme fiscal, se restreindra encore, et celle des impôts indirects s'accroîtra d'autant. Or, si l'on admet cette; Yérité si évidente que l'impôt indirect est infiniment plus injuste encore que l'impôt direct, et qu'il est toujours un impôt de classe, c'est-à-dire une taxe sur les pauvres et les traYaillcurs, on n'éprouvera aucun besoin de toucher d'abord aux quatre contributions. C'est p~r une autre méthode que l'on réorganisera celles-ci. Et nous la connaissons - et nos adversaires aussi. Il importe donc de réclamer énergiquement l'affectation ~es millions du monopole aux dégrèwmcnts d'impôts indirects, et de dt!jo11er la J1cnstp!eolitiquedes co11servnleurs. La suppression du principal de l'impôt foncier par une augmentation du rendement des contributions indirectes (soit surtaxe, soit monopole de l'alcool), telle est cette pensée politique. Elle n'est plus neu,·e : deYant la poussée socialiste qui e:nYahit les campagnes, qui conquiert les groupements ruraux les plus caractérisés (l'élection de Thierry Cazes et, à un moindre degrc celle de Destieux Junca, dans le Gers, sont de prccieux symptômes), le parti opportuniste s'est ému pour la première fois. Tant que nos doctrines travaillaient les villes, sans toucher aux exploitations agricoles, nos advers:iires ne voyaient guère dans le socialisme qu'une ficnc de réYolte qui, à intervalles réguliers, saisissait la France, agitait les cervelles, s'abattait dans une répression sanglante et ne laissait après soi qu'un raffermissement apparent de l'ordre capitaliste. Le jour où le prolétariat rural tendit la main au prolctariat urbain et oü ces deux peuples, jusqu'alors séparés, affirmcrent leur intime harmonie, les consc-rYatcurs comprirent que la lutte deYenait grave et qu'une puissance nouvelle surgissait. Opposer propagande à propagande : Yaine tactique. Les centres du Parlement savent bien que l'inégalité sociale, comme le despotisme politique, ne se fonde que sur le silence - et que l'intérêt d'une classe n'ctaic.:ra jamais un raisonnement. Alors on a attribué au paysan un égoïsme fcroce doublé d'une épaisse sottise et, comme le remède de
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