'. LE MONOPOLE ET L DIPOT PROGRESSIF appartient, et admirer l'activité que ce savant professeur qui n'est point socialiste - a deployée au serYicc de sa cause. Mais si l'on écarte tout parti-pris mesquin, on reconnaîtra que, dès le début, l'apotre du monopole a rencontré parmi nous ses meilleurs auxiliaires. Il n'est sans doute pas superflu de redire que Benoît Malon, dans son grand ounage, appelait de tous ses vœux la mesure. que l'on prc':conisc maintenant un peu partout. Cc sont aussi les démocrates les plus intransigeants qui ont defendu les premiers, au Parlement, les projets de monopolisation, et au nombre des signataires des propositions Mau jan et Guillemet, se trouvent tous ceux qui ont l'honneur de parler au nom de notre parti. Il n'est pas étrange, au reste, que le mouvement d'opinion en faveur du système Alglave, ou de tout autre système voisin, se soit dessiné aussi vite et aussi nettement. L'attribution à l'État de la rectification - nous dirons plutot : de la production - alcoolique était dans la logique même des choses, et devait résulter des débats qui se poursuivent vainement, depuis quinze ans, dans nos Chambres, sur la refonte de la fiscalité. Les lenteurs énervantes de la réforme des boissons, - sans cesse remise sur chantier à la suite de votes incohérents des députés, ou de scrutins hostiles des sénateurs, - conduisaient infailliblement à la solution du monopole. Les horizons d'or entrevus au fond de la bouteille magique dissipaient les doutes d~s sceptiques et conqucraient les esprits, las des éternels rabâchages sur la distinction du revenu, des revenus et du capital. Enfin les avantages hygiéniques de l'innovation de M. Alglave, vaillamment présentés par les médecins les plus compétents, ont paru désarmer d'infatigables adversaires des industries d'État. Nous n'avons pas l'intention d'énumérer ici toutes les vertus que les enthousiastes attachent au monopole. Il est évident qu'il donnera de très grosses sommes - huit cents millions, disent les uns, neuf • cents ou même un milliard, disent les autres : mettons, pour ne pas nous avancer au-delà de l'absolue certitude, plusieurs centaines de millions. Il conjurera - plus ou moins complètement - la fraude des bouilleurs de cru, qui rend illusoire toute surtaxe, et qui coûte par an au Trésor 20 millions suivant l'administration, 40 millions suivant la commission du budget de 1887, roo millions suivant la Chambre de Commerce de Paris, 150 d'après le syndicat de Rouen, et 238 d'après Claude des Vosges. Avec les ressources très considérables que l'État retirera de son intervention, on pourra supprimer des impots très iourds, très injustes, de longtemps condamnés, entre autres les droits de circulation, d'entrée, de détail, de fabrication, sur les boissons dites hygiénique·s (Yins, bières, cidres et poirés), etc., etc. Certes cette première conséquence de la monopolisation ne saurait
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