LE MONOPOLE ET L'IMPOT PROGRESSIF 4or Le Monopole et l'I1npôt progressif I Ceci n'est point une étude doctrinale. En écrivant ces quelques pages, que nous tâchons de faire courtes, nous n'avons point l'intention d'exposer les solutions purement socialistes de la question fiscale. Dans la société de l'avenir, telle que. les Karl Marx, les Benoît Malon et les César de Paepe la conçurent, dans cette société qui germe lentement au milieu de l'ordre capitaliste croulant, il faudra aussi pourvoir aux dépenses collectiYes, d'ailleurs très largement accrues. Mais de même que la structure économique du monde se sera modifiée au point de devenir méconnaissable, de même tous les problèmes prendront une face nouvelle et se poseront en termes différents. Il serait puéril de prétendre appliquer à la France de 1896 le mode de contribution que les générations futures élaboreront. Tant que le régime de la propriété n'aura pas éte transformé et que les substructions de l'ordre individualiste resteront debout, le socialisme ne pourra proposer ses vues définitiYes. Tout se tient et s'enchaîne. A la propriété individualiste correspond une forme de contribution fiscale. L'une suivra l'autre dans sa disparition. Mais en attendant le terme de cette évolution, le socialisme, qui représente chez-nous et ailleurs un grand parti, des millions d'hommes, se doit à lui-même de défendre des solutions transitoires, qui malgré leur vice originel - leur principe individualiste- rblisent plus de justice et plus d'égalité. C'est une de ces solutions transitoires que nous Youdrions envisager et critiquer aujourd'hui. Rien n'est plus pressant, rien n'est plus obsédant, et pour le conservateur renforcé et pour le radical d'extrême gauèhe, que cet éternel problème fiscal, qui, de mois en mois, de ministère en ministère, bourre les portefeuilles, remplit les débat~ pariementaires, et enfièvre l'opinion. Nous sommes arrivés à l'une de ces heures, à l'un de ces ronds-points historiques, ou, bon gré mal gré, il faut aboutir. Le vieil organisme financier qui se survit chez nous
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